Nicolas Hulot, David Suzuki et Karel Mayrand – Respectivement président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH); généticien et écologiste; et auteur et écologiste québécois / Opinion, Le Devoir :

Nous faisons face à un risque historique, celui de remettre en cause les acquis de l’accord de Paris avant même son entrée en vigueur

Lettre au premier ministre Justin Trudeau

Nous venons de vivre un moment historique : moins d’un an après son adoption, l’accord de Paris a été ratifié par 74 pays, dont le Canada et la France, représentant 58,82 % des émissions de gaz à effet de serre. Nous sommes à la veille d’une révolution climatique. Il s’agit maintenant de négocier un virage serré : celui de mettre en cohérence nos économies et nos investissements avec l’objectif de stabiliser le réchauffement climatique bien en deçà de 2 °C. C’est notre seule chance de protéger, au plus vite, les populations et les écosystèmes les plus vulnérables aux premières lignes de la crise climatique.

Cette mise en cohérence prendra du temps, mais elle doit commencer maintenant. Dans quelques semaines, vous serez à Bruxelles pour signer avec l’Union européenne un traité visant à faciliter les échanges économiques entre l’Europe et le Canada, l’AECG, (ou CETA en anglais). En l’état, cet accord va à contresens de nos engagements internationaux de limiter le réchauffement climatique bien en deçà de 2 °C. Il fait une grande place aux énergies fossiles et limite la capacité des États à prendre les mesures nécessaires à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. En s’appuyant sur les tribunaux d’arbitrage, l’AECG permettra aux entreprises de porter plainte contre un État adoptant une politique publique contraire à ses intérêts privés.

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