Tristan Péloquin / La Presse :

Ce sera une première au Québec. Pour lutter contre les algues bleu-vert qui prolifèrent dans le lac Bromont, en Montérégie, près de 175 tonnes d’un mélange spécial d’argile seront injectées cet automne dans le fond du plan d’eau. Un projet-pilote de « géoingéniérie » que le ministère québécois de l’Environnement surveille de près. Créé au milieu des années 90, le produit qui sera déversé, appelé Phoslock, est un mélange d’argile et de lanthane, un métal non toxique de la famille de terres rares. Une fois répandu dans l’eau, le Phoslock emprisonne les molécules de phosphore, privant ainsi les algues bleu-vert du principal stimulant qui favorise leur prolifération. Quelques heures après l’épandage, le mélange d’argile et de phosphore capturé se dépose au fond du lac, pour y rester durablement. (…)

Le Phoslock a été épandu dans plus de 200 plans d’eau à travers le monde jusqu’à maintenant. Une soixantaine d’études démontrent son efficacité. En Allemagne, le lac Behlendorfer (63 hectares), qui a une taille et une profondeur comparables au lac Bromont (48 hectares), a servi de modèle de référence pour les études préparatoires. Les autorités y ont déversé 214 tonnes de Phoslock en 2009. Aucune éclosion de cyanobactéries n’a été rapportée depuis.

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Une première au Québec pour lutter contre les algues bleu-vert au lac Bromont

ICI Radio-Canada :

Le phosphore contribue à nourrir les algues bleu vert, et donc, à leur prolifération. L’objectif, explique Anne Joncas, présidente du conseil d’administration d’Action conservation du bassin versant du lac Bromont, est de sauver ce lac en péril. « Même si on limite au maximum les charges de phosphore qui viennent des ruisseaux, il y a une problématique de charge interne tellement importante, tellement de phosphore présent dans les sédiments, qu’il faut régler ce problème. » Si la situation n’est pas renversée, le lac sera envahi par les plantes et les algues, soutient-elle. L’eau perdra sa transparence et il n’y sera plus possible de s’y baigner.

Il y a tellement de phosphore et d’azote que le lac se comble. Le processus devient, à un certain point, irréversible […] le lac est voué à mourir, si on n’intervient pas.

– Anne Joncas, présidente du conseil d’administration, Action conservation du bassin versant du lac Bromont