Claude Vaillancourt, écrivain, président d’ATTAC-Québec / Huffington Post :

Il y a un an, à Paris, se tenait la grande conférence des Nations unies sur le climat (COP21). Le traité qui en a résulté a soulevé beaucoup d’espoir : enfin les États reconnaissaient l’importance et la gravité des changements climatiques. Un an plus tard, cependant, il semble que les prophètes de malheur avaient raison. Le Traité de Paris, malgré sa rapide ratification, n’arrivera pas à entraîner les mesures urgentes et radicales qui permettraient de s’attaquer de front à ce problème.

Plusieurs avaient alors dénoncé la nature non contraignante de l’accord. Certes, l’idée de réduire le réchauffement climatique à 1,5 C⁰ est encourageante. Mais sans moyens concrets pour y arriver, cet objectif ressemble à un vœu pieux.

Ce que l’on peut aisément vérifier sur notre continent. Le gouvernement du Canada, l’un des plus enthousiastes lors de la COP21, est aussi l’un des plus prompts à changer de chemise. Justin Trudeau vient d’autoriser deux projets de pipeline dans l’Ouest canadien, permettant de transporter 1 million de barils de pétrole par jour, une hausse d’environ 30%. Rappelons qu’il s’agit là essentiellement d’exporter le pétrole des sables bitumineux, dont l’exploitation est l’une des plus consommatrices d’énergie et des plus nocives pour l’environnement.

En véritable cancre de la lutte contre les changements climatiques, quoi qu’il en dise, le gouvernement Trudeau semble obsédé par le libre-échange. Il veut ratifier au plus vite l’accord entre le Canada et l’Union européenne, en court-circuitant la démarche parlementaire pour l’adopter. Il rêve d’une entente avec la Chine et demeure l’un des rares défenseurs d’un accord pourfendu de toute part, le Partenariat transpacifique.

Ces accords favorisent pourtant le transport illimité de marchandises – parfois pour des économies de bouts de chandelle – et la consommation massive d’hydrocarbures. Ils donnent aux entreprises la possibilité d’attaquer en tribunal d’arbitrage des réglementations pour protéger l’environnement.

Lire sur le Huffington Post

Changements climatiques : un bilan mitigé pour les pays pauvres

GROUPE DE RÉFLEXION SUR LE DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL, LA COOPÉRATION (GREDIC)* / Opinion, La Presse :

La Conférence climat 2016 des Nations unies, la COP22, tenue au Maroc au début du mois de novembre, devait faire le point sur les suites de l’accord de Paris sur le climat signé en grande pompe il y a un an.

Elle s’est conclue sur la Proclamation de Marrakech en faveur de notre climat et le développement durable, qui exhorte les pays à redoubler d’efforts pour réduire les gaz à effet de serre. Les décisions importantes concernant les modalités d’application de l’accord de Paris ne seront finalisées qu’en 2018.

La COP22 a déçu plusieurs observateurs et participants, notamment les représentants des pays pauvres, car peu de décisions concrètes et significatives ont été prises pour les aider.

Les pays pauvres, notamment africains, sont de loin les plus touchés par les changements climatiques. Les sécheresses ou les inondations ont des conséquences dévastatrices sur l’agriculture et les prix des denrées de consommation. Selon une étude de la Banque mondiale, d’ici 2030, ces changements climatiques risquent d’entraîner sous le seuil de pauvreté 100 millions de personnes supplémentaires.

Paradoxalement, les populations des pays qui risquent de subir les conséquences les plus désastreuses des changements climatiques sont celles qui émettent le moins de gaz à effet de serre.

Ainsi, le rejet de CO2 par habitant est annuellement de 16 tonnes aux États-Unis, de 14 tonnes au Canada, de 7 tonnes en Chine et de seulement 0,1 tonne dans les pays les plus pauvres comme la majorité des pays africains ! Au total, l’Afrique ne contribue que pour 3 % aux émissions mondiales.

Lire sur La Presse

* Nicole St-Martin, Robert Letendre, Nigel Martin, Yves Pétillon, Mario Renaud et Pierre Véronneau, anciens directeurs généraux d’organismes de coopération internationale et de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)