Marc-André Carignan / Journal Métro :

À quoi sert le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)? On peut se questionner en voyant la vitesse à laquelle de nombreux politiciens ont dégainé leur arme pour tirer sur le rapport lié au train électrique (REM) de la Caisse de dépôt.

Revue de presse sur le rapport du BAPE du train de la Caisse
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Le ministre des Transports, Laurent Lessard, n’a pas hésité une seconde pour dire, sur un ton légèrement condescendant, que le BAPE a droit à son opinion, mais que le projet ira tout de même de l’avant. En d’autres mots, on tablettera le rapport aussi vite qu’on l’a reçu.

Denis Coderre, de son côté, juge que le BAPE cherche «des bibittes». Il a ramené le débat à une question aussi simpliste que biaisée: «Êtes-vous pour ou contre ce projet visionnaire qui est le plus important depuis les 50 dernières années?» On croirait entendre le fantôme de Jean Drapeau, justifiant ses grands projets au nom de la modernité.

Quant à Richard Bergeron, responsable des grands projets à la Ville de Montréal, il se demande de quoi se mêle le Bureau d’audiences publiques avec son rapport.

À écouter ces commentaires, on en vient à se demander pourquoi le BAPE existe. On le discrédite sur la place publique, tout en repoussant ses recommandations du revers de la main comme si c’était la peste. L’organisation n’a pourtant fait que son travail : écouter la population, soulever des interrogations et exiger des réponses de la Caisse.

Dire que le BAPE cherche «des bibittes» est d’autant plus méprisant.

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