Communiqué de Nature Québec :

Québec, 14 février 2017– La construction et l’exploitation des aménagements prévus par le projet Beauport 2020 risquent de limiter significativement les usages récréatifs de la Baie de Beauport, selon un mémoire de Nature Québec déposé à l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (ACEE) et rendu public cette semaine.

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En plus d’affecter durablement le panorama visuel de la plage, le projet qui prévoit notamment la construction d’un quai multifonctionnel de 610 mètres de long et de réservoirs de vrac liquide de 17 mètres de haut interfèrera vraisemblablement avec les activités de navigation de plaisance, de plage et de baignade de la Baie, pour des raisons de logistique et de sécurité.

Un accès limité lors de la construction

Ainsi, la phase de construction du projet Beauport 2020 comprenant notamment des aménagements de 17,9 hectares à même le fleuve, la création d’une digue de retenue et un brise-lame de 187 mètres doit débuter l’an prochain et se poursuivre sur 3 ans, selon les prévisions de l’Administration portuaire de Québec (APQ).

Pour Nature Québec, il est difficile de concevoir la tenue d’activités balnéaires sur la plage et dans la Baie durant des travaux de cette envergure, chose que l’APQ n’a pas démentie à présent.

«  Selon notre compréhension, si la construction débute comme prévu, il faudra s’attendre à des arrêts complets ou partiels des activités balnéaires dès l’an prochain. Si on ajoute à ça les épisodes de coliformes qui limitent ponctuellement l’accès à l’eau, on peut dire que les gens ne profiteront pas beaucoup de la Baie de Beauport dans les prochaines années. C’est décevant, alors que l’on vient tout juste d’autoriser la baignade et qu’on a eu un achalandage record en 2016 », indique Christian Simard, directeur général de Nature Québec.

Du transbordement de matières dangereuses à quelques mètres de la plage

Bien que les activités exactes qui auront lieu sur les infrastructures du projet Beauport 2020 restent à préciser – faute de clients confirmés par l’APQ – les informations dévoilées à présent permettent de confirmer que du transbordement maritime et ferroviaire de matières dangereuses (hydrocarbures, carburants et produits chimiques) aura lieu à moins de 100 mètres de la plage et de la zone de baignade.

Or, comme le révèle le mémoire de Nature Québec, l’APQ a fait appel à la firme JP Lacoursière pour une évaluation des scénarios de risques liés à son projet dans son étude d’impact environnemental (ÉIE). Un de ces scénarios évoque notamment l’explosion d’un réservoir de 500 000 barils d’essence, explosion qui mettrait en danger la vie des personnes et la structure des bâtiments dans un rayon de 705 mètres, ce qui inclut l’ensemble des aménagements balnéaires de la Baie de Beauport.

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La firme JP Lacoursière INC indique en ce sens qu’il est impensable de faire du déchargement de navires lorsque le parc de la baie de Beauport est occupé.

Le Port incapable d’assurer la pérennité des activités balnéaires

L’APQ a assuré qu’aucun transbordement de matières dangereuses dans le cadre du projet Beauport 2020 n’aurait lieu durant les heures d’ouverture des installations balnéaires de la Baie de Beauport. Néanmoins, comme Nature Québec l’indique dans son mémoire, elle a été incapable d’assurer par ailleurs le maintien de ces heures d’ouverture.

Ainsi, lors des consultations publiques de l’ACEE du 2 février dernier, répondant à une question à savoir si elle pourrait garantir que son projet ne limiterait pas les heures d’ouverture de la plage, l’APQ a admis qu’elle n’avait aucun contrôle sur les horaires de livraison de marchandises de ses clients.

Pour Nature Québec, cela signifie qu’il faut s’attendre à des fermetures de la plage et de la zone de baignade plusieurs fois par été pour des raisons de sécurité lors de la phase d’opération de Beauport 2020.

« Le Port de Québec parle du projet Beauport 2020 comme d’un moteur de développement économique, mais il oublie de mentionner qu’on a investi 50 millions – dont 19 millions de fonds publics- dans les aménagements de la Baie de Beauport, il n’y a pas longtemps. Ce que le Port propose, en fait, c’est un net retour en arrière pour les usagers de la Baie », conclut M. Simard.

Dans les prochains jours, Nature Québec continuera de dévoiler des parties du mémoire qu’elle a déposé à l’ACEE, ainsi que des expertises connexes qui ont servi à sa réalisation.

Nature Québec continuera en outre de participer à l’actuel processus d’évaluation du projet sous l’ACEE, bien que l’organisme estime que Beauport 2020 devrait minimalement faire l’objet d’une évaluation fédérale-provinciale conjointe.