Pauline Gravel / Le Devoir :

Les forêts boréales du Québec souffriront bien davantage du déclin de la biodiversité que les forêts tropicales de l’Amazonie, selon une vaste étude internationale publiée jeudi dans la revue Science. Cette étude visait à évaluer les effets concrets de la perte de biodiversité qui s’observe à travers le monde en raison de la déforestation et du changement climatique. Les scientifiques avaient déjà observé que plus un écosystème comprend un grand nombre d’espèces différentes, meilleur est son état de santé étant donné qu’il contient plusieurs espèces jouant le même rôle. « En écologie, on parle de redondance. Pour un écosystème où il y a beaucoup de redondances, ce n’est pas si grave de perdre quelques espèces parce qu’il y en a d’autres qui vont faire le boulot et maintenir les processus de base. Ainsi, si une forêt qui possédait dix espèces fixatrices d’azote en perd trois ou quatre, ce n’est pas très grave parce que les espèces qui ont survécu vont faire le travail. Mais si la forêt perd les deux seules espèces qu’elle avait, c’est toute la forêt qui en pâtit parce qu’il n’y a plus d’azote pour tout le monde », explique Bruno Hérault de l’Unité mixte de recherche Écologie des forêts de Guyane du Cirad, l’organisme français de recherche agronomique pour le développement durable.

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