Jean-Robert Sansfaçon / Le Devoir :

Malgré l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), l’industrie canadienne du bois d’oeuvre n’a jamais réussi à exporter sa production sans entraves aux États-Unis. Cette fois encore, les producteurs américains utilisent leur pouvoir de contestation pour forcer des négociations qui n’ont pas leur raison d’être. Il faut dire non au chantage.

Depuis l’entrée en vigueur de l’ALENA, en 1989, le Canada n’a à peu près jamais réussi à exporter librement son bois d’oeuvre aux États-Unis. L’industrie américaine reproche aux producteurs canadiens de faire du dumping, c’est-à-dire de vendre leur bois en dessous de la valeur marchande en profitant du fait qu’il provient de la forêt publique. (…)

Comment se fait-il qu’on en soit encore là malgré l’ALENA ? La réponse est simple : chaque fois que l’industrie américaine du bois d’oeuvre a lancé une pétition dénonçant le pseudo-dumping canadien, elle est parvenue à gagner le temps nécessaire pour affaiblir l’industrie canadienne. Ottawa a beau remporter toutes ses victoires en arbitrage, le mal est fait et l’industrie américaine a pu regagner sa part du marché. Historiquement, le Canada occupe entre 30 % et 33 % du marché américain du bois d’oeuvre. Non pas à cause de l’aide de l’État, mais de la productivité de ses grandes scieries et de la faiblesse de sa devise. Si les négociations achoppent cette fois, c’est que l’industrie américaine exige du Canada qu’il plafonne ses exportations à 22 % de son marché, soit un tiers de moins que les ventes de 2015.

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Bois d’oeuvre : Un front commun demande l’aide du Canada

Louis Blouin / ICI Radio-Canada :

Alors qu’un cinquième conflit sur le bois d’oeuvre semble inévitable entre le Canada et les États-Unis, un groupe lance un appel à l’aide au gouvernement fédéral. Des joueurs québécois des mondes patronal, syndical et municipal ainsi que de l’industrie forestière unissent leur voix pour réclamer l’appui du gouvernement fédéral dans l’éventualité d’une longue dispute commerciale.

Dans une lettre qui doit paraître dans de nombreux journaux jeudi, le regroupement réclame un mécanisme d’aide pour l’industrie forestière québécoise si un long conflit devait se concrétiser. « Il est impératif que le gouvernement fédéral mette sur pied un programme de prêts et de garanties de prêt, pour traverser le conflit, protéger les emplois, maintenir les opérations », peut-on lire dans la lettre. Les signataires affirment que « c’est le temps de se serrer les coudes, car c’est tout le Québec qui est touché ».

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