Dominique Cambron-Goulet / Journal Métro :

Le gouvernement du Québec vendait 100% de ses unités d’émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2015. L’an dernier, toutefois, c’est 55% des unités mises aux enchères qui ont trouvé preneur. Bonne ou mauvaise nouvelle pour l’environnement?

Le Québec fait partie d’un marché du carbone conjoint avec la Californie depuis novembre 2014, dans lequel les gouvernements mettent en vente des droits d’émissions de GES. La première année a été bénéfique pour le Québec, rapportant 830M$ au Fonds vert qui vise à appuyer des mesures de développement durable. Toutefois, en 2016, les revenus n’ont été que de 456M$, une baisse de 45%, même si le nombre de crédits mis en vente n’a baissé que de 10%.

Selon le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, une des principales raisons de cette baisse, au Québec et en Californie, est la contestation en cour de la bourse du carbone par la chambre de commerce de la Californie, qui la considère comme une taxe. S’ils obtiennent gain de cause, les élus californiens devraient adopter de nouveau, au 2/3 de la chambre, l’implantation du marché du carbone. C’est ce qui aurait refroidi les acheteurs. «Pourquoi dépenser maintenant et acheter des crédits, s’il y a un risque que le marché disparaisse? Le risque est d’autant plus inutile à prendre que rien n’oblige les émetteurs à acheter des crédits avant novembre 2018 pour leurs émissions de 2015, 2016 et 2017», rappelle M. Pineau.

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