Agence QMI :

OTTAWA – Ottawa interdira, d’ici 2018, la fabrication, l’utilisation, l’importation et l’exportation de l’amiante au pays, a annoncé la ministre des Sciences, Kristy Duncan, jeudi.

L’utilisation de résidus d’amiante n’est toutefois pas visée par l’interdiction, ce qui permettra aux villes d’Asbestos et de Thetford Mines de conserver des dizaines d’emplois.

«C’est une journée historique, a d’abord signalé la ministre Duncan. Il s’agit de protéger la santé des Canadiens.»

«Nous connaissons les préoccupations du Québec, a-t-elle ajouté. Nous comprenons la longue histoire de l’industrie minière dans la province. Nous souhaitons être sensibles au développement économique.»

À Asbestos et Thetford Mines, des usines revalorisent les résidus d’amiante, afin d’en tirer notamment du magnésium.

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Vive le chrysotile!

Marc Bouliane, député de Frontenac (1998-2003) Assemblée nationale et député de Mégantic-L’Érable (2004-2006) Chambre des communes / Opinion, La Tribune :

Il est déplorable que certains soient porteurs de revendications pour le bannissement total du chrysotile. Ce sont des organismes ou partis politiques qui s’érigent en juge du bien et du mal. Ils réclament la fin d’une industrie en omettant par ignorance ou volontairement de dire que les dangers qu’ils décrivent n’existent plus avec l’exploitation du chrysotile issu de la serpentine, contrairement à l’amiante traditionnel issu des amphiboles.

La différence de la composition chimique de ces deux produits est majeure, puisque contrairement à l’amiante des amphiboles qui n’est plus exploité et interdit au Québec depuis les années 70, des études sur la biopersistance ont démontré que le chrysotile a une durée de vie très limitée à l’intérieur du corps contrairement aux autres fibres et produits de remplacement, d’après une étude de Hesterberg publiée en 1998.

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Ottawa n’exclut pas de bannir l’exploitation des résidus d’amiante

Hélène Buzzetti / Le Devoir :

Le gouvernement de Justin Trudeau passe à l’action comme promis et interdira d’ici 2018 la production, l’utilisation, l’importation et l’exportation des produits d’amiante. Et si Ottawa insiste pour dire qu’il a écouté les doléances du Québec en autorisant l’exploitation des résidus d’amiante, il ne s’engage pas à tenir cette promesse éternellement, soulignant que des « consultations » auront lieu dans le futur.

Ce sont pas moins de quatre ministres fédérales qui ont été dépêchées jeudi matin dans l’aile d’oncologie de l’hôpital d’Ottawa pour faire l’annonce en grande pompe. « Nous faisons l’histoire. Aujourd’hui est un grand jour », a lancé la ministre responsable des Services publics et de l’Approvisionnement, Judy Foote. « Nous allons adopter une approche pangouvernementale dans ce dossier », a expliqué sa collègue aux Sciences, Kirsty Duncan, en désignant ses collègues à la Santé et l’Environnement.

Le plan d’Ottawa comporte plusieurs volets, dont le plus substantiel est évidemment la fin de la participation canadienne dans le commerce de l’amiante. Certes, le Canada ne produit plus d’amiante depuis 2012. La mine Lac d’Amiante, à Thetford Mines, a fait faillite en 2011, et la mine Jeffrey, à Asbestos, a fermé en 2012 après que le gouvernement péquiste de Pauline Marois eut annulé un prêt de 58 millions de dollars que lui avait consenti le précédent gouvernement libéral pour assurer sa relance. Mais le Canada continue d’acheter cette substance classée cancérigène en 1987 par l’Organisation mondiale de la santé.

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