TC Media :

POLLUTION. Alors que les enfants du secteur sont invités à rester chez eux par la Direction de la santé publique en raison des émanations potentiellement dangereuses de l’entreprise Anacolor à Cap-Rouge, l’entreprise se défend d’être dangereuse malgré la tourmente dans laquelle elle se trouve.

La Coalition Avenir Québec et son député pour la région, Éric Caire, exhortent le gouvernement à demander une injonction afin de forcer l’arrêt immédiat des opérations de l’entreprise tant et aussi longtemps qu’elle ne représente plus aucun danger pour la santé publique des citoyens. L’entreprise, elle, ne cesse de clamer son innocence pour des propos qu’elle considère exagérément alarmistes qui n’ont comme effet que d’insécuriser la population.

Rappelons qu’en début de semaine, la Direction de la santé publique avait émis un avis indiquant aux citoyens, au CPE et à l’école primaire à proximité de l’usine de rester à l’intérieur à titre préventif si de fortes odeurs dérangeantes se faisaient sentir à l’extérieur.

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Caire demande de fermer Anacolor

Ian Bussières / Le Soleil :

(Québec) Le député caquiste de La Peltrie, Éric Caire, a demandé vendredi au gouvernement libéral de forcer l’arrêt immédiat des activités de l’entreprise de peinture Anacolor, de Cap-Rouge.

La sortie du député fait suite à un avis de la Direction de santé publique publié la semaine dernière à la garderie Polichinelle et à l’école Marguerite-D’Youville recommandant aux enfants et aux employés de demeurer dans des locaux dont les fenêtres sont fermées lorsque des odeurs provenant de l’usine sont persistantes. L’avis demandait également de fermer les locaux où des odeurs apparaîtraient en raison d’un mauvais fonctionnement du système de ventilation.

M. Caire a appelé le gouvernement à demander une injonction afin de forcer l’arrêt immédiat des activités de l’entreprise tant et aussi longtemps qu’elle représentera un danger pour la santé publique des citoyens. En septembre, le ministère de l’Environnement avait exigé qu’Anacolor réduise de 90 % ses émanations polluantes dans un délai de cinq mois, à défaut de quoi elle devrait cesser ses activités. L’entreprise conteste cette exigence devant le tribunal administratif du Québec, la jugeant abusive. «Anacolor a le droit d’aller en appel sur une décision, mais la santé publique a le devoir de poser des gestes, si nécessaire, pour protéger la population», a mentionné à ce propos le ministre québécois responsable de la Capitale–Nationale, François Blais.

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Communiqué : Anacolor demande à la Santé publique de corriger le tir et de rassurer la population

 
Ajout :

Contamination de l’air à l’école Marguerite-D’Youville: aucun danger, selon Anacolor

Jean-François Cliche / Le Soleil :

(Québec) Sans nier que des odeurs de peinture puissent avoir été perçues, le vice-président d’Anacolor, Richard Leblanc, est catégorique : il est impossible que les normes sur la qualité de l’air aient été enfreintes à l’école Marguerite-d’Youville à cause des activités de son usine. L’entreprise prend des échantillons d’air chaque jour en plusieurs points du quartier depuis 2015 et les concentrations de polluants observées à proximité de l’école écartent toute possibilité de dépassement des normes environnementales, insiste-t-il.

«On travaille là-dessus [des dépassements de normes constatés à plusieurs reprises par le ministère de l’Environnement, aux abords de l’usine], mais ce n’est pas vrai qu’ils ont ce problème-là à l’école. C’est pour ça que ça nous a un peu ébranlés [que la Santé publique recommande à l’école et au service de garde voisins, la semaine dernière, de garder les enfants à l’intérieur lorsque les odeurs de peinture se font persistantes]», indique M. Leblanc.

Située sous le pont ferroviaire de Cap-Rouge, Anacolor fait de la peinture de pièce métallique depuis 40 ans. Cependant, à la suite d’une augmentation de la production, à la fin de 2012, le voisinage a multiplié les plaintes à l’Environnement, qui a documenté plusieurs infractions aux normes pour la qualité de l’air. Les produits en cause appartiennent à la «famille chimique» des composés organiques volatils (COV), utilisés comme solvants par l’industrie de la peinture. Dans un rapport de mars dernier, la Santé publique a jugé que les concentrations dans l’air n’étaient pas suffisantes pour être toxiques, mais qu’elles pouvaient provoquer des inconforts bien réels, comme des nausées et des maux de tête. La semaine dernière, cependant, cette même Santé publique a émis un avis conseillant à l’école Marguerite-d’Youville et au CPE Polichinelle, non loin de l’usine, de garder les enfants à l’intérieur les jours où les odeurs étaient plus fortes. L’Environnement exige également que l’usine réduise ses émissions de 90 % d’ici janvier, faute de quoi elle devra cesser ses activités – une exigence qu’Anacolor conteste devant les tribunaux.

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