David Prince / Le Journal de Québec :

Des études rendues publiques montrent qu’on peut rétablir le caribou sans perdre trop d’emplois

ROUYN-NORANDA | Depuis 150 ans, le caribou forestier a été forcé de se déplacer de plus de 1000 kilomètres vers le nord, si bien qu’il est aujourd’hui menacé de disparition. Le sauver exigera la création d’immenses aires protégées, ce que Québec tarde à faire.

Alors que Québec a annoncé avant Noël la fin de la chasse sportive au caribou migrateur du troupeau de la rivière aux Feuilles, qui compte près de 200 000 individus, le gouvernement Couillard n’a toujours pas annoncé la création d’aires protégées pour le caribou forestier, un écotype qui vit plus au sud, en grande partie dans la forêt commerciale.

Il ne resterait qu’entre 6500 et 8000 caribous forestiers au Québec, une espèce qui tolère mal la cohabitation avec l’humain puisque, pour se nourrir et se protéger des prédateurs, il a besoin d’immenses forêts matures très peu perturbées.

Pourtant, on retrouvait des caribous forestiers jusqu’en Nouvelle-Angleterre dans les années 1850. «Les caribous que l’on retrouve au Québec sont des reliques de cette époque qui ont fui les humains», a dit Pier-Olivier Boudreault, de la Société de la nature et des parcs. (…)

Une étude dévoilée récemment par l’équipe de rétablissement du caribou forestier suggère la création de cinq aires protégées d’environ 10 000 km2 chacune.

Selon Francis Forcier, ingénieur au ministère de la Faune, Québec devrait annoncer en 2017 la création d’une aire protégée dans les Montagnes Blanches au Lac-Saint-Jean. «On est en train de faire le détail du contour pour éviter les claims miniers, qui ne peuvent pas être inclus dans l’aire protégée», a dit M. Forcier.

10 % de chances de survie

Les deux hardes de caribous forestiers les plus au sud ont moins de 10 % de chances de survie, selon le gouvernement.

À Val-d’Or, il ne resterait qu’une douzaine d’individus et environ 80 dans Charlevoix, mais Québec tente toujours de les maintenir.

«C’est comme de donner de l’Aspirin à quelqu’un qui a le cancer généralisé. Il va finir par mourir quand même. Le gouvernement devrait mettre ses efforts sur les troupeaux qui peuvent encore être sauvés», a dit Henri Jacob, président de l’Action boréale.

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Les Innus veulent continuer à chasser

Jean St-Pierre / Le Journal de Québec :

Même si Québec interdit la chasse sportive du caribou toundrique, les chefs de la Nation innue ne peuvent se résigner à interdire la chasse à leurs membres.

«On conserve un lien spirituel avec Atik (caribou). On ne peut pas dire aux Innus de cesser la chasse, c’est notre héritage culturel», explique le chef de Natashquan, Francis Wapistan. Les Innus discutent avec les Cris et les Inuits pour avoir accès au troupeau de la rivière aux Feuilles qui regroupe 200 000 caribous.

Le troupeau de la rivière George compterait moins de 9000 individus. Il était évalué à près d’un million de caribous dans les années 1970. Très inquiets, les chefs de la Nation innue partent en campagne auprès des chasseurs.

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