Reuters :

Plus de 100 lauréats du prix Nobel ont appelé jeudi l’ONG environnementale Greenpeace à cesser de s’opposer aux cultures d’organismes génétiquement modifiés (OGM), estimant qu’il y avait consensus chez les scientifiques sur leur absence de nocivité et les bienfaits que la société peut en retirer. Lors d’une conférence de presse à Washington, ces lauréats ont invoqué à titre d’exemple les « qualités » du riz génétiquement modifié utilisé pour éviter certaines maladies liées à la carence en vitamine A dans une bonne partie des pays émergents. Le « riz doré » produit du bêta-carotène, ce que le riz naturel ne produit pas.

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Bien sûr, Greenpeace a, et de longue date, fortement critiqué les efforts de l’International Rice Research Institute (IRRI) — l’organisation à but non lucratif basée aux Philippines et chargée de travailler sur les variétés de riz — pour développer le riz doré. L’association écologiste estime ainsi que celui-ci détourne l’attention du vrai problème (la pauvreté et l’accès à une nourriture diversifiée), qu’il échouera, que son innocuité n’est pas prouvée, qu’il ouvrira la porte aux OGM commerciaux, etc. Il est permis de penser que cette posture montre la face la plus dogmatique et la plus sombre de l’ONG : si la diffusion de cette technologie avait ne serait-ce qu’une chance d’améliorer l’état de santé de millions de gens, pourquoi ne pas essayer ? Mais, pour essayer, il faudrait que le riz doré soit disponible, et il ne l’est pas. « En dépit de ce que ces lauréats du prix Nobel ont été amenés à penser, le riz doré n’est pas, et n’a jamais été, bloqué par l’opposition publique ou par Greenpeace, explique l’anthropologue Glen Stone, professeur à l’Université Washington de Saint-Louis aux États-Unis, qui a conduit, quatre années durant, un programme de recherche sur la riziculture aux Philippines. Le riz doré n’est tout simplement pas encore au point. »

« Cette histoire semble plutôt relever d’une manipulation de l’opinion publique par l’utilisation de scientifiques qui ne sont pas informés des faits sur le sujet », conclut le professeur américain à propos de la motion des Nobel. Le mathématicien Philip Stark (Université de Californie, à Berkeley) a, de son côté, compté parmi eux « 1 Nobel de la paix, 8 économistes, 24 physiciens, 33 chimistes et 41 médecins ».« La science repose sur des preuves, pas sur l’autorité, a-t-il ajouté sur Twitter. Que connaissent-ils de l’agriculture ? Ont-ils conduit des travaux pertinents sur le sujet ? » L’organisation de la campagne soulève aussi quelques questions. Celui qui contrôlait l’entrée de la conférence de presse de lancement, le 29 juin, au National Press Club de Washington, n’était autre que Jay Byrne, ancien directeur de la communication de Monsanto et désormais p.-d.g. de v-Fluence, une firme de relations publiques… Interrogé, M. Byrne assure cependant qu’il s’est « porté volontaire bénévolement pour aider à la logistique » et qu’il n’a plus aucun lien d’aucune sorte avec Monsanto.