Jean-François Cliche / Le Soleil :

(Québec) ÉDITORIAL / Il y a un vieux principe, en affaires, qui veut que dans un partenariat, la part des profits doit être à peu près proportionnelle au risque encouru et que si un des partenaires assume presque tous les risques, il n’est que normal qu’il empoche presque tous les profits. Que nos voisins terre-neuviens fassent mine de l’oublier quand ils discutent de Churchill Falls peut, à la limite, se comprendre. Mais les politiciens québécois?

Cette semaine, le chef caquiste, François Legault, a évoqué la possibilité de rouvrir l’entente de 1969 sur ce barrage du Labrador, dans la mesure où le Québec y trouverait son compte. Le ministre des Ressources naturelles Pierre Arcand a lui aussi laissé flotter cette hypothèse, disant vouloir «enterrer la hache de guerre» avec Terre-­Neuve. Le gouvernement libéral a beau avoir refermé cette porte immédiatement après, le simple fait d’y songer sérieusement relève soit d’une méconnaissance de l’histoire, soit d’une volonté de bien paraître qui flirte avec l’à-plat-ventrisme. Car il n’y a aucune raison de renégocier ce contrat, si impopulaire soit-il au Canada anglais.

Soit, quand on ne regarde que le prix payé par Hydro-Québec depuis les années 70 – et ce, jusqu’en 2041 -, on peut avoir l’impression d’une profonde injustice : un quart de cent le kilowattheure, autour de 40 fois moins que le coût de revient d’un projet électrique qui se mettrait en branle de nos jours. Même dans le marché de l’énergie des années 60, c’était une aubaine.

Mais Churchill Falls était un projet isolé et éloigné. Pour pouvoir emprunter les sommes nécessaires à sa construction, il fallait avoir l’assurance d’un débouché important. Or personne ne voulait construire de grande usine au Labrador et, à l’extérieur du Québec, personne ne voulait s’engager à long terme à acheter une électricité qu’il faudrait transporter sur quelque 1000 kilomètres ou plus. Le seul gros acheteur potentiel, c’était Hydro-Québec.

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Churchill Falls: Terre-Neuve souhaite s’entretenir avec Couillard

La Presse Canadienne :

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Dwight Ball, espère avoir rapidement des explications de Philippe Couillard concernant la possibilité de renégocier l’entente litigieuse qui permet à Hydro-Québec de s’approvisionner à bas prix en électricité de la centrale de Churchill Falls.

Durant la période des questions, à l’Assemblée législative terre-neuvienne à Saint-Jean, M. Ball a noté que le gouvernement québécois a fait marche arrière cette semaine dans ce dossier.

Subissant le feu de l’opposition depuis deux jours, M. Ball a répété jeudi qu’il a tenté, en vain, d’obtenir cette semaine des explications de M. Couillard, en déplacement au Maroc pour un sommet international sur les changements climatiques. « Soyons très clairs, nous allons parler avec M. Couillard dès qu’il en aura l’occasion, a-t-il dit. Je ne veux pas que ce soit seulement un appel de deux ou trois minutes. Nous devons clarifier la situation en cours actuellement et tout ce qui est à la source des déclarations de cette semaine. Ils ont déjà changé leur position cette semaine. »

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