Jean-Frédéric Moreau / Le Soleil :

(Québec) Bien qu’elle «pointe dans la bonne direction», l’entente-cadre sur la stratégie pancanadienne de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre ne satisfait pas Greenpeace Canada, aux yeux du responsable de la campagne Climat-Énergie, Patrick Bonin.

«On se rend compte que le plan est inadéquat par rapport à ce que l’Accord de Paris exige», a souligné M. Bonin. La Chambre des communes, a voté en octobre pour la ratification de cet accord. Le Canada s’est fixé la cible de réduire ses émissions de GES de 30 % sous le niveau de 2005.

Selon l’écologiste, cette cible du gouvernement Trudeau est similaire à celle de son prédécesseur, Stephen Harper, et «elle n’a rien à voir avec la science».

«Le Canada est de retour […] M.  Trudeau doit pédaler plus rapidement, mais c’est loin de la mission accomplie!» s’est-il exclamé. Greenpeace Canada défend que les gouvernements fédéral et provinciaux devraient d’abord cesser d’autoriser le développement de projets pétroliers et gaziers à travers le pays afin d’être cohérents avec leur volonté de réduction des gaz polluants. M. Bonin cite en exemple les projets de construction de pipeline et de port méthanier qui, selon lui, sont contraires à un plan de développement durable.

Si les provinces reconnaissent l’urgence d’agir, la mise en place des mesures réglementaires et coercitives liées à cette entente représente le plus gros défi, croit-il.

«Rhétorique verte»

Vendredi soir, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s’est dit satisfait de cette entente, qui «confirme non seulement le bien-fondé, mais la valeur du marché du carbone mise en place par le Québec avec la Californie et bientôt avec l’Ontario», a rapporté La Presse canadienne.

La «rhétorique verte» du gouvernement provincial ne prend pas assez au sérieux les changements climatiques, a soutenu pour sa part le responsable de la campagne Climat-Énergie. «Le Québec se présente comme un beau leader, mais au-delà des beaux discours, le travail n’est pas fait.»

Greenpeace reproche notamment au gouvernement libéral de ne pas avoir de plan qui permette d’atteindre les cibles de réduction des GES de 2020.

Lire sur Le Soleil