AFP :

La flambée depuis dix ans des émissions de méthane, un gaz à effet de serre plus nocif pour le climat que le CO2, risque de compromettre la lutte contre le réchauffement climatique, ont mis en garde des experts lundi.

« Il faut de toute urgence s’attacher à quantifier et réduire les émissions de méthane », plaident dans un éditorial ces chercheurs qui ont coordonné un bilan mondial mené par plus de 80 scientifiques de 15 pays.

Après un léger ralentissement entre 2000 et 2006, la concentration de méthane dans l’atmosphère a crû dix fois plus rapidement la décennie suivante, relève l’étude parue dans le journal Earth System Science Data.

« Contenir le réchauffement sous 2 °C est déjà un défi considérable », soulignent ces mêmes chercheurs dans le bulletin Environmental Research Letters, à propos de l’objectif que la communauté internationale s’est fixé fin 2015 dans l’accord de Paris.

« Un tel objectif deviendra de plus en plus difficile à tenir si l’on ne réduit pas les émissions de méthane fortement et rapidement », ajoutent-ils.

Résultat de l’exploitation des énergies fossiles ou plus probablement des activités agricoles : les chercheurs formulent plusieurs hypothèses pour tenter d’expliquer cet emballement. (…)

Concernant le pergélisol, ces sols gelés des hautes latitudes, ils peuvent aussi dégager du méthane en dégelant, une grande crainte des climatologues. Mais à ce stade, « on ne voit pas d’augmentation anormale des concentrations », dit le chercheur et coauteur Philippe Bousquet, pour qui ces « émissions risquent d’augmenter dans le temps, mais sur des décennies ».

Quant au boom particulièrement spectaculaire des deux dernières années, les scientifiques ont encore plus de mal à l’expliquer. « Cela peut être d’origine naturelle,dit M. Bousquet. Mais s’il se prolongeait au-delà de trois ou quatre ans, cela signifierait forcément un lien avec l’homme. »

Il est en tout cas possible d’agir d’ores et déjà et très concrètement pour réduire ou capter le méthane, soulignent les scientifiques : méthaniseurs dans les fermes, modification des protocoles d’irrigation des rizières, chasse aux fuites.

« On peut réduire ces émissions plus facilement, de manière moins coercitive, que celles de CO2, en encourageant aussi l’innovation et les emplois. Alors il ne faut pas s’en priver ! », insiste Philippe Bousquet.

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Ajout : 

Boom inquiétant de méthane dans l’atmosphère

ICI Radio-Canada avec l’AFP :

Les concentrations atmosphériques de méthane, un puissant gaz à effet de serre, affichent une forte augmentation depuis 2014, montre le premier bilan mondial des émissions de méthane publié par le Global Carbon Project regroupant 80 scientifiques de 15 pays.

Ce rapport montre que les sources d’origine naturelle sont responsables de 40 % des émissions de méthane, et que les sources d’origine anthropique, directement liées aux activités humaines, sont responsables de 60 % de ces émissions.

Les troupeaux (émissions liées à la digestion des ruminants et à la fermentation des fumiers) représentent à eux seuls 30 % des émissions de méthane d’origine anthropique .

L’agriculture (et la culture du riz) et le traitement des déchets représentent environ 70 % des émissions liées aux activités humaines.

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