Yanick Villedieu / ICI Radio-Canada :

Bonne nouvelle pour la planète, bonne nouvelle pour ses habitants d’aujourd’hui, de demain et même d’après-demain : les États-Unis et la Chine ont annoncé qu’ils ratifiaient l’accord de Paris sur les changements climatiques, il y a quelques jours, en marge du Sommet du G20. (…)

Mais la réalité canadienne n’est pas aussi simple quand on revient au pays. Les producteurs de pétrole des sables bitumineux veulent à tout prix continuer d’en produire… et d’en exporter. Le projet d’oléoduc Énergie Est soulève la controverse qu’on sait et, dans les discussions, l’argument du développement économique et des emplois pèse toujours lourd (on l’a vu avec la coalition patronale syndicale qui s’est formée au Québec pour dire « Oui à Énergie Est »). Au Québec, l’exploitation du pétrole dans un milieu aussi fragile que l’île d’Anticosti n’est pas impossible. La menace de l’exploitation du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent n’est pas écartée. Or, ces projets de développement des énergies fossiles et la transition vers des économies sobres en carbone sont profondément antinomiques. Entre les vœux pieux et les décisions politiques et économiques, il y a parfois un gouffre. Mais la réalité est dure et les faits sont têtus, comme l’a rappelé un article publié par la revue Nature au début de 2015. Pour limiter l’augmentation de la température du globe à 2 degrés Celsius en 2100 – ce qui n’est pas un objectif très ambitieux pour protéger le climat de la planète -, il faudra laisser dans le sol 80 % du charbon qui s’y trouve, 50 % du gaz et 30 % du pétrole. Et, plus particulièrement, 75 % du pétrole des sables bitumineux. Et ils sont où, ces sables bitumineux? Ils sont… au Canada.

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