Alexandre Shields / Le Devoir :

Le maire de Montréal Denis Coderre se dit « solidaire » de son collègue de Vancouver, qui s’oppose à la construction du pipeline Trans Mountain, malgré le feu vert donné mardi par le gouvernement Trudeau. Il entend aussi continuer de s’opposer au projet Énergie Est de TransCanada.

« Je suis tout à fait solidaire de mon collègue de Vancouver, Gregor Robertson, sur la question des pipelines. Je suis solidaire de Gregor, mais aussi des environnementalistes et des communautés autochtones », a souligné mercredi le maire Coderre, au lendemain des autorisations accordées par Ottawa pour deux pipelines d’exportation.

La Ville de Vancouver s’oppose catégoriquement à la construction du pipeline Trans Mountain, de Kinder Morgan. Pour son maire, Gregor Robertson, les risques pour l’environnement et l’économie de la région sont trop importants. Ce projet, a-t-il par ailleurs rappelé mardi, a été évalué selon des critères « déficients » mis en place sous le gouvernement de Stephen Harper.

« Je dois vous avouer qu’avec cette décision [sur le pipeline Trans Mountain], je me pose encore plus de questions sur la pertinence d’Énergie Est, a aussi insisté Denis Coderre. C’est sûr que nous allons garder le cap. La Communauté métropolitaine de Montréal est contre ce projet, d’autant plus que nous n’avons pas eu de réponses à nos questions depuis le début de toute façon. »

M. Coderre a évoqué l’« arrogance » de TransCanada. « Quand ce sera le temps, nous dirons notre façon de penser », a d’ailleurs ajouté celui qui préside la Communauté métropolitaine de Montréal, qui regroupe 82 municipalités du Québec. « Je ne vois pas pourquoi nous, qui avons choisi de faire une transition énergétique, sur l’électrification des transports et la protection de nos milieux naturels. Donc, je pense que ce n’est pas pertinent d’avoir le pipeline Énergie Est. »

Lire sur Le Devoir

Coderre met à nouveau en doute la pertinence du projet Énergie Est

La Presse Canadienne :

Constatant que le premier ministre Justin Trudeau n’a pas hésité à passer outre la contestation de la Ville de Vancouver, M. Coderre entend mobiliser les forces municipales, les groupes environnementaux et les communautés autochtones afin de faire valoir que ce projet n’a pas l’acceptabilité sociale requise et va à l’encontre de la transition énergétique dans laquelle s’est engagé le Québec.

Il a également souligné au passage que la Cour suprême de Colombie-Britannique a averti Ottawa qu’il ne pouvait faire fi de la compétence partagée en matière d’environnement dans le dossier d’un autre oléoduc, le projet Northern Gateway dans le nord de la province côtière, que le gouvernement Trudeau a décidé d’abandonner.

« Ce que je trouve intéressant, vous avez vu dans le cas (Northern Gateway) où on l’a refusé, on a vraiment mis de l’avant la question des autochtones », a fait remarquer le maire.

« J’ai rencontré il y a quelques mois à Akwesasne les 25 leaders autochtones; on s’est entendu qu’on allait travailler ensemble », a-t-il mentionné en guise d’avertissement.

Lire sur ICI Radio-Canada

Les deux oléoducs approuvés rendent Énergie Est inutile, croit Coderre

Pierre-André Normandin / La Presse :

La décision du gouvernement Trudeau de donner le feu vert au projet d’oléoduc Trans Mountain, mais de refuser Northern Gateway conforte le maire Denis Coderre dans son opposition à celui d’Énergie Est. Il dit appuyer son collègue de Vancouver qui dénonce l’autorisation donnée au pipeline entre l’Alberta et la Colombie-Britannique. «Avec cette décision, je me pose de plus en plus de questions sur la pertinence d’Énergie Est», a déclaré Denis Coderre, en marge de la présentation du budget de Montréal, mercredi matin. Il a même poussé plus loin en disant carrément «ne pas voir la pertinence d’Énergie Est».

Lire sur La Presse

Énergie Est maintenant?

Jean-Robert Sanfaçon / Le Devoir :

En disant oui à deux projets de pipelines tout en refusant un troisième à une semaine de sa rencontre avec les provinces pour l’adoption d’une stratégie de lutte contre le réchauffement climatique, le premier ministre Justin Trudeau tente de plaire à tout le monde et à sa mère. Grand bien lui fasse, mais le plus difficile reste à venir.

Ceux qui s’imaginent que l’approbation des projets de pipelines de Kinder Garden et d’Enbridge par le gouvernement Trudeau signe l’arrêt de mort d’Énergie Est au Québec se réjouissent trop vite.

Il est vrai que l’objectif poursuivi par l’Alberta d’accroître ses exportations vers l’Asie et les États-Unis sera en partie atteint en triplant la capacité de la ligne Trans Mountain vers le Pacifique et en doublant celle de la Ligne 3 vers le Wisconsin. Mais compte tenu des prévisions de croissance de la production albertaine d’ici vingt ans, il faudra encore plus de tuyaux.

Or, à moins d’une acceptation rapide par l’administration Trump du projet Keystone XL bloqué par le président Obama, il faut s’attendre à ce que TransCanada maintienne la pression sur le gouvernement fédéral en faveur d’Énergie Est.

Il n’y aura pas que TransCanada pour agir ainsi : le Nouveau-Brunswick tient aussi beaucoup à ce projet, tout comme la société Irving qui contrôle à peu près tout dans cette province, des raffineries aux forêts en passant par la presse anglophone. Irving qui a obtenu des conservateurs fédéraux le plus important contrat de construction navale des dernières décennies et que l’on dit aussi proche des libéraux. Irving qui ne ménagera rien pour faire de son terminal de Saint-Jean le lieu de transbordement du million de barils de pétrole par jour venu de l’Ouest pour être exporté.

Puis il y a la communauté d’affaires québécoise, très proche aussi des libéraux, ceux de Justin Trudeau autant que de Philippe Couillard, aux côtés des syndicats de la construction dans la bataille de l’opinion en faveur d’Énergie Est.

Lire sur Le Devoir

Le manque d’acceptabilité sociale aura-t-il raison d’Énergie Est?

Catherine Lévesque / Huffington Post :

OTTAWA – L’approbation du projet Trans Mountain, en Colombie-Britannique, par le gouvernement fédéral fait craindre le pire aux opposants d’Énergie Est au Québec. Le premier ministre Justin Trudeau serait-il prêt à se mettre à dos sa circonscription de Papineau?

« Le projet Énergie Est, comme d’autres projets, dans les conditions actuelles, n’aura jamais l’approbation de la communauté. » Le chef libéral a prononcé ces mots en entrevue avec Le Devoir en juillet 2015, moins d’un mois avant le déclenchement de la campagne électorale.

S’il prédisait que le pipeline de TransCanada ne passerait jamais le test de l’acceptabilité sociale et pourrait donc ne jamais voir le jour, Trudeau n’a pas complètement fermé la porte au projet. « Mais ce n’est pas à moi de décider. Ce n’est pas au gouvernement du Canada de décider quel projet est bon et quel projet est mauvais », disait-il.

Or, après plus d’un an au pouvoir, son gouvernement vient de donner son feu vert à la proposition de Kinder Morgan de tripler la capacité de l’oléoduc de 300 000 à 890 000 barils de pétrole par jour des environs d’Edmonton, en Alberta, jusqu’à Burnaby, en Colombie-Britannique – à 157 conditions.