Jean-Michel Goulet / écoQuébec Info :

Lors d’une mission en Bolivie, une idée a germé dans la tête de deux coopérantes : créer une plateforme web afin de permettre aux artisans boliviens, mais surtout aux artisanes de vendre des articles de mode contemporaine directement aux consommateurs internationaux.

C’est dans le cadre d’un projet avec le Centre d’étude et de coopération internationale que Laura Lapointe (design) et Marlène Bevillard (commercialisation de la mode) ont fait connaissance. Sur le terrain, elles ont constaté un grand manque d’appui à l’exportation. «C’est à ce moment que nous avons décidé de donner une vitrine aux artisans afin de les aider à valoriser leurs produits,» a indiqué Laura Lapointe dans une entrevue avec écoQuébec Info.

EntremetteusesDepuis février 2016, il est maintenant possible d’acheter des produits de mode contemporaine en ligne grâce au site les entremetteuses.com. Foulards, cardigans, boucles d’oreilles, robes… la plateforme met en commun les créations de 12 groupes d’artisans dont 90 % sont des femmes. «Ce projet permet aux artisanes d’augmenter leur estime de soi, de valoriser leur travail, d’augmenter leurs ventes et d’améliorer leurs conditions de vie,»  a souligné Laura Lapointe.

Selon les Entremetteuses, la mission est de «valoriser l’élégance, le naturel et le fait main à travers une offre exclusive de vêtements et d’accessoires hauts de gamme bolivien confectionnés à partir de laine d’alpaga, de lama et de cuir véritable.» Le tout en assurant aux Boliviens un salaire digne et régulier en se basant sur les principes du commerce équitable. Depuis février, le produit le plus populaire est le foulard (cliquez sur la photo pour découvrir les différents modèles).

Les collaborateurs des Entremetteuses sont répartis dans cinq des principales villes du pays : Cochabamba, El Alto, La Paz, Potisi et Sucre. Plusieurs artisanes sont à la tête de familles monoparentales. Il y a même un groupe de femmes sorties de la «zone rouge», c’est-à-dire du monde de la prostitution, qui confectionnent des sacs à main.

Le principe du «juste à temps»

Afin de réduire le gaspillage, le projet fonctionne avec le principe du «juste à temps» : la production des articles est effectuée une fois la commande passée. Cela permet également aux artisanes de diminuer la pression financière sur leurs ménages puisqu’elles n’ont pas à faire une réserve de laine colorée à l’avance.

Les Entremetteuses invitent les citoyens à venir au lancement officiel montréalais le 7 septembre, à l’Espace Cercle Carré dès 18h30, où seront dévoilées les nouveautés pour l’automne. «C’est une occasion pour présenter les produits. Les gens vont pouvoir les essayer et se les procurer sur place,» a conclu Laura Lapointe. Une exposition photo va également être diffusée afin de montrer l’envers du décor, c’est-à-dire le travail des artisanes et des artisans boliviens.