Gérard Bérubé / Le Devoir :

Les germes de COP21 apparaissent, neuf mois après la signature de l’Accord de Paris sur le climat. Sans autre leadership, force est de déplorer que l’exercice consistera, au final, à l’établissement d’un cadre général à l’adaptation aux impacts du réchauffement. Une trentaine d’autres pays ont ratifié mercredi, à l’ONU, le texte de l’Accord de Paris conclu en décembre dernier. On en serait donc à quelques émetteurs de GES près d’en proclamer la mise en oeuvre officielle. Cela pourrait se faire avant la rencontre COP22 de Marrakech débutant le 7 novembre, se réjouit-on de sources politiques. Tel un rabat-joie, le secrétaire général du Conseil mondial de l’énergie est cependant venu renforcer le constat se dégageant dans le sillage de COP21, à savoir que la trajectoire retenue n’est tout simplement pas la bonne. (…)

Il est vrai que, pour nombre de ces pays, le programme politique comprend une revendication d’aide financière des pays plus riches pour s’adapter au réchauffement. N’empêche, avant même la signature de l’Accord de Paris, on n’y croyait pas. Rappelons qu’il y avait alors consensus sur le fait que les engagements actuels en matière de réduction des GES sont insuffisants pour contenir la hausse de la température mondiale aux 2 °C déterminés comme devant permettre d’éviter le point de basculement. Le Climate Action Tracker parlait d’une trajectoire de 2,9 à 3,1 °C d’ici 2100. Pour sa part, Climate Challenge soulignait que le seuil critique de concentration de CO2 dans l’atmosphère est dépassé depuis 1988. Que nous sommes aujourd’hui à 87 % du niveau de concentration risquant de provoquer ce que les spécialistes appellent une rétroaction positive. Et que les engagements actuels portent sur des pics d’émission s’étendant entre 2020 et 2030, repoussant la neutralité carbone à 2100.

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