François Delorme et Marwah Rizqy – École de gestion de l’Université de Sherbrooke / Opinion, Le Devoir :

L’accord de Paris représente un jalon crucial dans la lutte contre le réchauffement climatique, avec notamment une cible commune de limiter le réchauffement de la planète à moins de 2 °C d’ici 2030. Cette cible est essentielle afin de préserver nos richesses naturelles collectives et nos sources d’eau potable. Mais maintenant que nous avons fixé une cible, il est urgent de se doter d’un plan d’action et d’outils afin d’atteindre l’objectif visé. Puisque la pollution ne connaît aucune frontière, ce plan d’action doit être respecté avec détermination par chacun des États signataires. Or, à l’heure actuelle, aucun mécanisme contraignant n’est prévu pour atteindre cette cible. Sans instruments internationaux, il sera difficile voire impossible d’atteindre la cible et les objectifs généraux de l’Accord.

La COP22 qui vient de se clore à Marrakech devait représenter l’occasion de mettre en place ces instruments contraignants absolument essentiels. Ce sera donc pour la COP23 ! Nous sommes d’avis que ces instruments devraient notamment inclure des pénalités pour les États en cas de défaut et une reddition de comptes annuelle, alors que l’Accord actuel prévoit que les États devront faire rapport seulement en… 2023. Si nous prenons vraiment au sérieux les objectifs que nous nous sommes fixés à Paris, il nous faut un véritable « plan de remise en forme » pour notre planète avec des suivis réguliers et systématiques.

Malgré l’avènement d’un nouveau président américain climatosceptique, la volonté politique internationale ne semble pas vouloir s’abattre, même si celle-ci a pris du plomb dans l’aile.

De plus, ces solutions existent et sont connues des experts et des politiciens. Parmi celles-ci, la mise en place d’une taxe sur le carbone et d’un marché du carbone, qui existent déjà sous certaines formes au Canada et dans la plupart des pays signataires, semble rallier de plus en plus d’États. Toutefois, une fois ces structures en place, le défi est maintenant de fixer un « prix pour polluer » qui ait un véritable effet incitatif sur les individus, les gouvernements et les entreprises. Afin de changer certaines de nos habitudes de vie, de consommation et de production tout en favorisant la croissance durable de notre économie, nos politiques fiscales doivent être revues de fond en comble. L’établissement d’une taxe en soi ne suffit pas. Nous devons trouver des solutions alternatives abordables.

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