Michel Lapierre, collaborateur / Le Devoir :

Pierre Madelin appelle à la décroissance énergétique dans un réquisitoire à la résonance apocalyptique

« Nous sommes constitués de part en part par la nature », soutient Pierre Madelin, né à Paris en 1986 et adepte d’un écologisme politique libertaire, qui vit au Chiapas, État mexicain marqué en 1994 par l’insurrection des paysans amérindiens. Il croit que la nature est « plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes ». Son essai Après le capitalisme, réquisitoire contre l’anthropocentrisme de la modernité occidentale, a une résonance apocalyptique prenante.

Rompu à l’histoire de la philosophie, Madelin estime que la vocation attribuée à l’humanité par Descartes, dans son Discours de la méthode (1637), et atteignable grâce au progrès scientifique, celle de « nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature », est désormais caduque. Depuis quelques décennies, la crise écologique mondiale, caractérisée en particulier par le réchauffement climatique, est venue bouleverser cette raison d’être du capitalisme.

L’insistance philosophique sur la nécessité de ce que l’essayiste appelle « une révolution paradigmatique » de notre vision du monde fait l’originalité de son livre, indispensable présentation critique des idées sur le sujet, convergentes mais parfois différentes, de nombreux penseurs contemporains. Parmi eux, Günther Anders (1902-1992) en Allemagne et en Autriche, André Gorz (1923-2007) en France, Murray Bookchin (1921-2006) aux États-Unis occupent une place de choix.

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