Alexandre Shields / Le Devoir :

L’approbation de deux nouveaux oléoducs complique les choses pour le plan de lutte contre les bouleversements du climat

En donnant cette semaine son accord à la construction de deux nouveaux oléoducs destinés à l’exportation du pétrole des sables bitumineux, le gouvernement Trudeau a répondu à une demande pressante d’une industrie qui compte bien faire augmenter sa production au cours des prochaines années. Ce parti pris en faveur des pétrolières soulève toutefois la question de la cohérence de la stratégie canadienne de lutte contre les changements climatiques.

Le premier ministre, Justin Trudeau, a pris lui-même le micro mardi, en fin de journée, pour annoncer que son gouvernement approuvait la construction de l’oléoduc Trans Mountain et l’expansion de la Ligne 3, deux projets majeurs conçus pour faciliter l’exportation d’une production pétrolière en croissance en Alberta. De quoi ajouter un million de barils par jour aux exportations canadiennes.

« Aujourd’hui, les oléoducs du Canada sont utilisés à pleine capacité. Cela veut dire que, si la production augmente de façon significative, nous serons forcés de trouver d’autres moyens d’acheminer le pétrole qui sont moins sûrs que les oléoducs », a fait valoir M. Trudeau, citant l’exemple du transport ferroviaire pour justifier le feu vert du fédéral. Le chef libéral a ainsi repris à son compte un argument cher à l’industrie des oléoducs, qui ne cesse de l’utiliser depuis la tragédie survenue à Lac-Mégantic, en 2013. (…)

La guerre des chiffres risque de se poursuivre entre partisans et opposants de ces projets, mais une chose demeure : Justin Trudeau s’est engagé à prendre les mesures nécessaires pour que le Canada réduise ses GES de 30 % d’ici 2030, par rapport à 2005. Cela signifierait de les ramener à 524 millions de tonnes, par rapport aux 732 millions de tonnes actuelles. Autant dire qu’il s’agit d’un projet ambitieux, surtout pour un pays où la croissance des GES est constante et alimentée en grande majorité par le secteur des énergies fossiles.

Même si M. Trudeau estime que l’autorisation de nouveaux oléoducs s’inscrit parfaitement dans le plan climatique du Canada, la spécialiste des changements climatiques, Catherine Potvin, juge qu’il n’existe « aucune cohérence » entre les annonces de cette semaine et la réalité climatique.

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