Étienne Fortin-Gauthier / TFO :

SUDBURY – Les facteurs qui contribuent aux déraillements de trains transportant des matières dangereuses sont toujours bien présents sur le territoire canadien. Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) exige du gouvernement fédéral qu’il agisse pour empêcher que des catastrophes comme celles de Lac-Mégatic et de Gogama ne se reproduisent.

Communiqué : À la suite de son enquête sur un accident survenu près de Gogama (Ontario) en février 2015, le BST demande des stratégies d’atténuation de la gravité des déraillements des trains de marchandises dangereuses

Le BST a dévoilé, le jeudi 16 février, son rapport sur l’accident de train de Gogama, dans le nord de l’Ontario. Ses conclusions sont sans équivoque: de nombreux facteurs qui peuvent provoquer un accident sont toujours existants sur le réseau ferroviaire du pays. Qui plus est, en s’additionnant ces facteurs peuvent encore mener à des catastrophes d’une grande ampleur, comme cela s’est aussi produit à Lac-Mégantic.

Le train qui a déraillé le 14 février 2015 à Gogama remorquait 100 wagons de pétrole brut. Lors de l’incident, le pétrole brut de 29 wagons-citernes s’est enflammé et il a brûlé pendant cinq jours. Le train roulait très légèrement en dessous de la vitesse légale maximale dans le secteur.

«La vitesse joue un rôle majeur lors d’un accident. On espère que nos recommandations vont sensibiliser Transports Canada et l’industrie. Nous, nous pensons que la vitesse maximale permise actuellement est trop haute», a indiqué Kathy Fox, présidente du BST, lors d’un point de presse à Sudbury. «Les risques que nous constatons aujourd’hui sont encore partout», a-t-elle ajouté.

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L’enquête du BST a démontré que c’est une rupture d’éclisses qui est à l’origine du déraillement. Les éclisses sont des supports horizontaux permettant de maintenir deux rails ensemble.

« À une vitesse élevée et avec des trains très pesants, lorsqu’ils déraillent, les wagons entrent en collision les uns avec les autres. Ça génère des forces d’impact vraiment élevées », affirme la gestionnaire de l’analyse du matériel et des structures pour le BST, Sylvie Dionne.

On a eu des wagons qui se sont cassés en deux dans ce cas-ci. Il y avait le facteur du froid aussi, ce qui rend l’acier plus fragile. Résultat, lorsque les wagons se rompent, le produit se répand rapidement et génère de grands feux en nappe.
— Sylvie Dionne, gestionnaire de l’analyse du matériel et des structures pour le BST

Des fissures de fatigue préexistantes dans les éclisses étaient passées inaperçues durant des inspections antérieures. Le superviseur adjoint de la voie n’a pas pu détecter les défauts compte tenu d’une formation, d’un encadrement et d’un soutien insuffisants.

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