Sylvain Larocque, Hélène Baril / La Presse :

Les difficultés que connaissent le secteur des pâtes et papiers ainsi que les alumineries se font sentir chez Hydro-Québec. Inquiet, le gouvernement vient d’ordonner la tenue d’une consultation sur la compétitivité des tarifs industriels d’électricité. De 2010 à 2015, la consommation d’électricité des entreprises industrielles bénéficiant du tarif de grande puissance (tarif L) a fléchi de 7 %. Cela représente une perte de revenus de 26 millions de dollars pour Hydro-Québec, même en tenant compte des hausses de tarifs imposées au fil des ans. Selon la société d’État, la baisse est surtout attribuable au déclin du secteur des pâtes et papiers. Mais ce n’est pas tout : les clients qui ont conclu des contrats spéciaux à des prix encore plus avantageux, principalement des alumineries ainsi que Rio Tinto Fer et Titane, ont diminué encore plus leur consommation : le recul atteint 11 % sur cinq ans. (…)

Hydro-Québec soutient qu’à 3,8 cents US le kilowattheure en moyenne, ses tarifs industriels sont les plus concurrentiels en Amérique du Nord. Selon l’Edison Electric Institute, les tarifs industriels nord-américains s’élèvent en moyenne à 6,8 cents US le kWh et peuvent atteindre jusqu’à 18 cents US. L’AQCIE affirme toutefois que certains États offrent des tarifs de 3 cents US ou moins pour attirer des entreprises. Québec vient de demander à la Régie de l’énergie de se pencher sur le fait qu’« un certain effritement de la compétitivité des tarifs d’électricité industriels est constaté, lequel risque de miner la compétitivité de certains secteurs industriels québécois, particulièrement ceux soumis à la concurrence internationale ».

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