Baptiste Ricard-Châtelain / Le Soleil :

(Québec) Un groupe étudiant de l’Université Laval monte au créneau dans l’espoir de forcer la main aux employés et à la direction de l’établissement pour qu’ils retirent tous leurs placements dans les industries des énergies fossiles.

Il y a un an, l’institution est devenue la première université québécoise à présenter un bilan nul de ses émissions de gaz à effet de serre, notamment grâce à sa forêt-école, des économies d’énergie et à l’achat de crédits de carbone, fait remarquer Alice-Anne Simard, la porte-parole du nouveau groupe de pression nommé ULaval sans fossiles. «On veut que l’université décarbonise aussi ses investissements.»

Pour l’heure, la troupe verte tente de recueillir des appuis sur le campus, de faire signer une pétition et de se faire voir grâce à des macarons et autocollants. «On est encore tout jeune, la campagne a été lancée hier [mardi].

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Militer contre les énergies fossiles

Frédérick Durand / Impact Campus :

Force est d’admettre que le développement durable est au cœur des projets et des idées à l’Université Laval depuis quelques années. Certaines pratiques de l’administration sont pourtant remises en doute par un nouveau groupe militant, ULaval sans fossiles. L’organisation dénonce les importants investissements de l’institution scolaire dans l’industrie des énergies fossiles.

ULaval sans fossiles est un regroupement d’étudiants et de diverses organisations sur le campus qui demande le retrait des différents investissements de l’UL en combustibles fossiles. S’inscrivant dans un mouvement mondial, le comité désire que l’administration devienne la première université québécoise à se désinvestir totalement de ce secteur.

« Nous croyons que l’Université Laval doit vraiment confirmer son rôle de leader en développement durable », déclare la porte-parole de la campagne et étudiante à la maîtrise en administration, Alice-Anne Simard. Les militants demandent dès maintenant à l’UL de ne plus approuver d’investissement dans le secteur fossile et de retirer les fonds déjà investis d’ici les cinq prochaines années. « C’est progressif, c’est très réalisable et c’est la chose à faire », poursuit-elle. (…)

C’est à travers une fiducie globale que l’Université Laval et sa fondation effectuent leurs placements. « Là-dedans, il y a 178 M $ investis dans plusieurs secteurs », indique la porte-parole. Cette somme est gérée par des gestionnaires externes, mais les directives sont données par l’administration de l’UL. Peu importe l’organisation, ce type de portefeuille contiendrait entre 5 % et 10 % d’actifs dans le secteur fossiles.

De plus, Denis Brière et son équipe gèrent quatre régimes de retraite distincts. La moitié des cotisations sont patronales et proviennent donc des fonds de l’organisation.

En comptant cette fiducie globale et ces régimes de retraite, les militants d’ULaval sans fossiles estiment que l’administration a investi plus de 80 M $ dans cette industrie. « C’est un chiffre très conservateur », exprime Alice-Anne Simard.

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