Alain Brunel – Cofondateur et conseiller climat énergie de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) / Opinion, Le Devoir :

L’éditorial du Devoir du 6 mai, intitulé « Solidaires de nos voisins » et signé Jean-Robert Sansfaçon, est difficile à suivre malgré l’expression bienvenue de solidarité avec les sinistrés de Fort McMurray. Il avance que, « même s’il est démontré qu’une des conséquences du réchauffement climatique est la prolongation des périodes de sécheresse propices à la propagation des feux de forêt, on ne peut expliquer la catastrophe en cours aussi simplement sans faire preuve d’un opportunisme de mauvais goût ». Faut-il éviter d’évoquer les changements climatiques parce qu’il y aurait d’autres facteurs en cause dans la propagation du feu monstre de Fort McMurray, et ce, en dépit du fait que le Service canadien des forêts note une prolongation, depuis le début du XXe siècle, de la saison des feux de forêt de 20 jours dans la région de Fort McMurray, et même si l’indice de sécheresse au début de mai dans la région est lui aussi en croissance constante depuis les dernières décennies ? Cette posture curieuse ressemble presque à la formulation d’un tabou autour de l’enjeu du climat.

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