Marco Fortier / Le Devoir :

Le partage des ressources entre le géant de l’aluminium et la région est remis en question

Perte de milliers d’emplois, pollution du sol et de l’eau, faibles redevances aux villes, érosion des berges : un vent de mécontentement souffle au Saguenay–Lac-Saint-Jean contre le géant Rio Tinto Alcan, qui domine l’économie de la région depuis près d’un siècle. Un forum sur l’industrie de l’aluminium doit regrouper plus de 200 acteurs régionaux (élus municipaux, députés, entrepreneurs, professeurs, économistes, groupes de citoyens), ce vendredi à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Ces gens de tous les horizons souhaitent réviser le pacte social qui lie le géant de l’aluminium à la région depuis 1926 : l’entreprise met à profit l’immense bassin hydrologique du lac Saint-Jean (35 000 lacs et 35 rivières) pour produire de l’hydroélectricité à faible coût, en échange de l’engagement à créer des emplois. Le problème, c’est que Rio Tinto Alcan a éliminé des milliers de postes dans la région depuis trois décennies. Le nombre d’emplois au sein de l’entreprise au Saguenay–Lac-Saint-Jean est passé de 9270 en 1980 à 3100 aujourd’hui, selon un calcul du Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), affilié au réseau des universités du Québec (Rio Tinto Alcan affirme plutôt fournir du travail à 5000 personnes dans la région).

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Le Québec est-il en train de rater le coche?

Marc-Urbain Proulx – Professeur en économie régionale à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) / Opinion, Le Devoir :

La forte consommation américaine de ce métal culminera à 5,5 millions de tonnes en 2016. Elle s’inscrit dans un marché mondial en forte croissance dont le niveau de 50 millions de tonnes en 2015 bondira à 80 millions avant 2030, selon les experts. Les réserves américaines entreposées ont ainsi diminué considérablement de leur niveau anormalement élevé des dernières années. Toutes les conditions québécoises sont au rendez-vous du marché pour de nouvelles alumineries qui, pour des raisons technologiques, ne créent plus beaucoup d’emplois. Que faut-il de plus ? L’une des tendances lourdes dans ce secteur réside dans la prise de propriété industrielle par les États. L’exemple norvégien s’avère particulièrement inspirant. L’État est bel et bien actionnaire, mais à seulement 37 % des actifs, en laissant largement l’initiative au secteur privé, ce qui lui permet néanmoins de mieux maîtriser la structuration de la filière industrielle dans un esprit d’ajout de valeur et de création d’emplois en Norvège. En ce sens, il serait pertinent que la nouvelle stratégie québécoise de l’aluminium examine attentivement les occasions de partenariats, puisque les grands leviers économiques québécois possèdent une marge de manoeuvre considérable.

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L’avenir de l’aluminium sur la sellette à l’UQAC

ICI Radio-Canada :

Environ 200 personnes ont participé au forum Pacte social aluminium qui se tenait vendredi à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). L’objectif de cette journée spéciale était d’alimenter le débat autour de l’industrie de l’aluminium. Il était notamment question de relations de travail, de la gestion des berges et des barrages, de même que de l’éventuel agrandissement du site d’entreposage des résidus de bauxite à l’usine Vaudreuil. Plusieurs syndicalistes et élus étaient inscrits aux activités, dont plusieurs maires du Lac-Saint-Jean. Les députés de la région étaient tous sur les lieux, à l’exception du péquiste Alexandre Cloutier et du premier ministre Philippe Couillard, qui a salué la tenue de l’événement.

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