Gilbert Lavoie / Le Soleil :

(Québec) CHRONIQUE / Je me suis promené sur le fil Twitter de Brad Wall, le premier ministre de la Saskatchewan, lundi matin. J’y ai trouvé des félicitations aux athlètes olympiques et, puisqu’il le faut… quelques mots sur le déversement de 250 000 litres de pétrole dans la rivière Saskatchewan, le 20 juillet : «J’ai parlé au maire Dionne [de Prince Albert] ce matin, je lui ai rappelé à quel point les dirigeants locaux faisaient un beau travail sur la rivière. Nous continuons de travailler très étroitement avec eux…»

Tout va très bien, madame la marquise…

Vous souvenez-vous de Brad Wall? C’est lui qui avait fustigé les maires de la région de Montréal en janvier et en février à cause de leur prise de position contre le projet Énergie Est de TransCanada. C’est également lui qui avait déclaré que si le gouvernement du Québec voulait obtenir l’aide fédérale dans la Série C de Bombardier, il devrait en retour donner son appui à Énergie Est. Plus encore, il avait délibérément alimenté la grogne contre le Québec en publiant un tableau montrant les sommes reçues en péréquation depuis 1957. Il était alors en campagne électorale. L’idée était de démontrer que le Québec avait touché la part du lion. Il n’avait surtout pas mentionné que le Québec se classe au cinquième rang lorsqu’on calcule les paiements reçus par habitant. C’est un grand ami des pétrolières, ce Brad Wall; mais c’est aussi l’arroseur arrosé depuis le déversement de pétrole qui a souillé les sources d’alimentation en eau potable des 70 000 habitants de North Battleford, de Prince Albert et des environs. (…)

Vous imaginez un peu la catastrophe si un tel déversement devait se produire en amont de Montréal, de Québec ou de Lévis? C’est une question qui viendra hanter les travaux de l’Office national de l’Énergie (ONE), qui a lancé dimanche au Nouveau-Brunswick ses audiences publiques sur le projet Énergie Est. Évidemment, on vous dira qu’il s’agit là d’un pipeline neuf qui n’aurait rien de comparable au vieil oléoduc de la Husky Oil responsable du déversement en Saskatchewan. C’est vrai, mais ce nouvel oléoduc sera vieux à son tour dans quelques décennies. Or, quand on pense à la préservation du fleuve Saint-Laurent, de sa faune et de sa flore, on parle en termes de siècles et non pas simplement de décennies.

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