Gilles Châtillon, Montréal / Opinion, Le Devoir :

Ce qui pose problème, c’est la construction d’un tout nouvel oléoduc d’un mètre de diamètre transportant, au Québec, quotidiennement et sous pression, 175 millions de litres de pétrole brut sur des centaines de kilomètres de terres, qui appartiennent à 2000 agriculteurs et traversent plus de 828 cours d’eau, dont le fleuve Saint-Laurent et les rivières Outaouais, des Mille Îles, des Prairies et Saint-Maurice.

Le projet de pipeline d’Énergie Est, actuellement en simulacre de consultation à Montréal devant l’Office national de l’énergie (ONE), est inacceptable pour les cinq raisons suivantes.

Il n’augmente pas la sécurité énergétique du Québec parce que ce pétrole brut est principalement destiné à l’exportation vers les États-Unis et l’Europe.

Il porte préjudice à la lutte contre les changements climatiques en augmentant davantage les gaz à effets de serre.

Il retarde la transition vers les énergies propres et renouvelables, en limitant les investissements pour les initiatives de recherche et de nouveau développement.

Il ne crée que quelques emplois permanents sur le long terme : seulement 33 au Québec, selon la firme albertaine TransCanada.

Le projet n’obtient pas « l’acceptabilité sociale » nécessaire à cause des très possibles fuites polluant inexorablement l’environnement, surtout l’approvisionnement en eau potable. Au Québec, l’appui de la population ne s’élève qu’à 48 % (Institut Angus Reid, mars 2016).

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