François Bourque / Le Soleil :

(Québec) CHRONIQUE / On assiste cet hiver à une surenchère de projets routiers sortis des boules de cristal et parfois des boules à mites.

Ces projets prétendent soulager la congestion, ce qui est un objectif louable.

Ces projets vont cependant stimuler l’étalement urbain, alourdir les finances publiques et n’auront qu’un effet mitigé et éphémère sur le trafic.

Ces effets sont prévisibles parce que documentés par la recherche. Mais dans cette Amérique de 2017, la science et les faits ne semblent plus peser lourd.

«Québec vit son moment Trump», ironise Christian Savard, directeur général de Vivre en ville.

Toutes les demandes, même les plus improbables, semblent tout à coup légitimées.

Le ministère des Transports est devenu un bar ouvert où se servent les élus à l’approche des élections municipales et provinciales.

On promet d’élargir l’autoroute Laurentienne, Henri-IV et la «20» à Lévis; on ressuscite le prolongement de l’autoroute Félix-Leclerc vers Saint-Augustin; on réclame un troisième lien, etc.

L’urgence électorale commande de faire croire aux citoyens coincés dans le trafic que les élus s’occupent d’eux.

En politicien aguerri, le ministre des Transports, Laurent Lessard laisse soigneusement un maximum de portes ouvertes.

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