Gilbert Guérin, Saint-Élie-de-Caxton / Le Nouvelliste :

Quand j’étais à la petite école, mon père m’envoyait me coucher à 8 heures et quart, après avoir écouté quelques minutes de la partie de hockey survoltante de Maurice Richard et du Canadien de Montréal à la télévision. Quelques minutes c’était trop court, mais ça chargeait mes batteries pour toute la semaine. Quelle fierté m’habitait!

Je me souviens aussi du nom d’un joueur de hockey qui jouait dans une équipe adverse, les Maple Leafs de Toronto. Tim Horton! Aujourd’hui la masse des Québécois trottine quotidiennement avec son café Tim Hortons à la main.

J’assiste incrédule à l’amnésie collective d’un grand pan de notre histoire populaire que je croyais indélébile.

(…)

Et le peuple québécois? Allons-nous nous tenir debout, ensemble, et refuser le passage de l’oléoduc Énergie Est sur notre territoire, pour être maîtres de notre destin et pour être fiers de «scorer» pour notre avenir collectif et celui de la planète? Quelle fierté pourra encore m’habiter?

Ce sera seulement, je l’espère, celle des Québécois qui auront choisi le beigne et son crémage, plutôt que le trou, et qui auront misé sur nos savoir-faire, sur la patinoire du développement durable, en utilisant les énergies vertes et en créant les nouveaux emplois qui vont avec.

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