Sophie Suraniti / Le Devoir :

Dina, Éric, Fabrice, Jonathan, Julien, Marie-Claude, Maude, Constance, Loïs, Thibault, Guillaume et moi. Certains se sont changés dès leur arrivée chez nos hôtes. Par politesse, par hygiène. C’est que le groupe vient de faire deux heures de poubelles. À 19 h, tout le monde s’active autour du chef pour préparer un souper gastronomique à partir des déchets montréalais qui ont été glanés.

La tournée a commencé comme prévu vers 17 h. Veille d’Halloween. Pas de pluie, juste une petite fraîcheur. Nous n’avions pas l’air de zombies. Pourtant, aveuglés par les quelques phares de voitures s’engouffrant dans les ruelles, nous faisions certainement un peu sourciller avec nos sacs d’épicerie à terre, la grosse carriole en bois attachée au vélo de Thibault non loin, les sacs à ordures soigneusement ouverts et examinés à la lampe torche.

Pourquoi vouloir fouiller les poubelles de commerces alimentaires, puis se lancer dans la préparation d’un souper à partir de tous ces déchets récupérés ? Pour prendre conscience de ce que nous gaspillons, du cycle de surconsommation que nous entretenons avec des dates de péremption qui, pour la plupart, ne sont qu’un prétexte économique pour alimenter ledit cycle.

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