Mathieu Perreault / La Presse :

L’exploitation des gisements de gaz de schiste de la Colombie-Britannique émet 2,5 fois plus de méthane que prévu, selon une nouvelle étude universitaire financée par la Fondation David Suzuki. Mais bonne nouvelle pour les producteurs canadiens, les fuites de méthane sont quatre fois plus importantes aux États-Unis.

« Notre groupe de recherche se spécialise dans la mesure des fuites de méthane dans les différents projets gaziers et pétroliers », explique Emmaline Atherton, étudiante à la maîtrise à l’Université Saint-François-Xavier, en Nouvelle-Écosse, qui est l’auteure principale de l’étude publiée hier dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics. « La Fondation nous a financés pour que nous appliquions notre technologie aux puits de méthane en Colombie-Britannique. »

Les chercheurs néo-écossais et leur coauteur de la Fondation, John Werring, ont mesuré à l’aide de caméras capables de voir le méthane (CH4), un gaz incolore, les émissions de 1600 puits appartenant à 50 entreprises différentes. Les mesures ont été reprises de trois à six fois. Ils ont calculé qu’il y avait des fuites de 111 800 tonnes de méthane par année dans la région qu’ils ont examinée, qui représente 55 % de la production de la province. Or, les fuites pour toute la province sont évaluées par l’industrie et le gouvernement à 78 000 tonnes de méthane par année.

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