Aïna Skjellaug, Le Temps / Le Devoir :

Ils sont nés avec la démocratisation d’Internet et sont devenus consommateurs à la création de l’économie partagée. Pour ces natifs du numérique, la voiture n’est plus synonyme de liberté et dans leur Cloud les suivent, aux quatre coins du monde, leurs objets dématérialisés. ZEN. Trois lettres couleur pastel décorent le mur de la chambre éthérée de Sara, vingt ans. Au premier étage de la villa familiale, un havre de paix. Presque rien. De minuscules enceintes diffusent par Bluetooth les douces notes folk de The Lumineers, trouvées sur Spotify. « Je n’ai besoin que d’un lit, de mon ordinateur et de mon téléphone portable », résume-t-elle. La chambre de cette adolescente est la fascinante preuve par le vide d’une tendance générationnelle. L’incarnation visuelle de la dépossession de tout. (…) Les enfants de la dernière génération sont devenus consommateurs à la création de l’économie partagée. Force est de constater que c’est depuis 2008 que l’économie de partage explose, ce qui coïncide avec la crise dessubprimes. « En Amérique et ailleurs, des centaines de millions de familles se sont retrouvées encombrées par une foule d’objets qu’elles utilisaient à peine et endettées jusqu’au cou pour les payer. La réalité les a dégrisées », écrit l’économiste américain Jeremy Rifkin dans La nouvelle société du coût marginal zéro. Depuis, il semble que l’économie plie sous le poids collectif de millions de clients qui optent pour la démarche collaborative pair-à-pair.

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