Régys Caron / Le Journal de Montréal :

MARRAKECH | Le Québec se montre sceptique devant l’ambition d’Ottawa de réduire de 80% les émissions canadiennes de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050. À la cible de réduction des émissions de GES de 30%, par rapport à 2005, d’ici 2030, Ottawa ajoute celle que la communauté internationale s’est donnée à Paris l’an dernier.

«Nous devons empêcher la température de la planète d’augmenter de plus de 2 degrés Celsius d’ici 2050. On n’est pas là, on doit faire plus», a reconnu la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, à Marrakech, où prend fin la 22e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques.

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard signale que les cibles du Québec sont beaucoup plus ambitieuses et que le Canada a du chemin à faire. «Le gouvernement fédéral a essentiellement repris les cibles du gouvernement précédent. Il devra travailler très fort pour y arriver, a-t-il dit, avant de préciser que la carte (carbone) du Canada n’est pas très favorable.» (…)

Le doute existe aussi dans les rangs du Parti québécois,quant à la capacité du Québec de réduire ses émissions de GES de 20% en 2020, de 37,5% en 2030 et de 95% d’ici 2050. «La cible de 2020 ne sera pas atteinte (…) Si on continue comme c’est parti, les cibles ne seront que des illusions», croit le député Sylvain Gaudreault, qui demande au gouvernement d’adopter une loi-cadre obligeant le gouvernement à prendre les moyens d’atteindre ses cibles.

À son avis, le système de plafonnement des émissions de GES ne suffira pas. «Il faut plus de mesures contraignantes et plus incitatives pour réduire la consommation de pétrole.» Une loi-cadre à l’image de la Loi sur le déficit zéro permettrait de «sécuriser l’atteinte des cibles», suggère Sylvain Gaudreault.

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Le Canada vise une réduction de 80% des GES

La Presse Canadienne :

(…) Le néodémocrate Robert Aubin estime que le gouvernement Trudeau « pellette la neige par en avant ». « On n’a aucune mesure concrète qui nous permette de voir où le Canada s’en va. Je pense qu’on est à la veille de recevoir encore une fois des prix Fossile, pour une aussi piètre approche », a dénoncé le député. La bloquiste Marilène Gill aimerait elle aussi voir le plan de match du fédéral. À son avis, « il faudrait mettre un frein à la politique extractive » et réduire le recours aux énergies fossiles.

Le conservateur Ed Fast, estime de son côté que l’élection de Donald Trump aux États-Unis et sa promesse de se retirer de l’accord de Paris changent la donne. « Nous devons faire très attention quant aux types de politiques sur le carbone que nous instaurons », a-t-il argué, en notant que le plan pancanadien de lutte contre les changements climatiques du gouvernement Trudeau ne pourrait se résumer à une taxe sur le carbone.

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Réduction des gaz à effet de serre: Couillard doute

La Presse Canadienne :

(…) Non loin de là, Philippe Couillard a commenté la cible fédérale dans le bilan de sa mission, qu’il terminait aussi jeudi. «Il va falloir travailler très fort pour y arriver», a-t-il affirmé en laissant entendre que d’autres provinces tirent de la patte.

Ottawa a une grosse côte à remonter, selon lui, et il entend le démontrer au gouvernement Trudeau, mais il semble aussi lancer un message en faveur d’une aide fédérale plus forte au Québec.

«Nous, on est là pour collaborer avec le gouvernement fédéral, lui faire réaliser que le Québec a fait beaucoup et que ce qu’il reste à faire est particulièrement difficile, il faut qu’on tienne compte de ça», a dit le premier ministre.

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