Caroline Montpetit / Le Devoir :

(…) Aujourd’hui, ce sont les projets de pipeline qui mobilisent sa colère. Il y oppose un « non » sans appel. Pour lui, il est clair que ce pipeline engendrerait, tôt ou tard, une marée noire dans le fleuve Saint-Laurent, et il lui tarde de voir la population se mobiliser haut et fort pour s’y opposer. Nous sommes, dit-il, « à l’heure où on veut passer des pipelines sous le fleuve, avec du pétrole sale, à l’heure où on tergiverse : “On va-tu l’accepter ou non ?”, à l’heure où personne n’est dans la rue pour dire non. »

Parlant du Saint-Laurent, il revient tout juste de son Natashquan natal, où il a vu plus de berries et de bleuets que jamais. À la petite Juliane Belleau, il raconte comment son cousin, parti un jour pêcher la morue à des kilomètres de la côte, avait accroché un requin presque aussi grand que sa chaloupe. « C’est il y a 30 ans que je suis allé à la dernière pêche à la morue, dit-il, évoquant le moratoire sur la pêche imposé il y a des décennies. Mais la morue revient et il y en a qui commencent à y retourner. Je vais peut-être y aller. » À 88 ans, il mord toujours dans la vie, cette vie « passionnée et passionnante ». Il évoque la joie de voir grandir son arrière-petit-fils de trois ans.

Du Québec, il demande en riant : « Est-ce que c’est toujours une province ? » Il reprend le mot de « pays », qui ouvre de meilleurs possibles, se dit séduit par le mot « référendum ».

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