Martin Croteau / La Presse :

(QUÉBEC) Le Québec n’atteindra pas l’objectif de réduction des gaz à effet de serre (GES) qu’il s’était fixé pour 2020, reconnaît du bout des lèvres le gouvernement Couillard. Cela forcera les entreprises québécoises à acheter des crédits de carbone à l’étranger, preuve, selon un expert, que l’ambitieuse cible adoptée sous Jean Charest était « bidon ».

Des documents rendus publics la semaine dernière révèlent que le gouvernement a prévu dès 2009 que l’atteinte de la cible de 2020 « pourrait impliquer des achats hors Québec » de droits d’émission. Cela veut dire que les réductions réalisées sur le territoire québécois seront insuffisantes : il faudra compenser par des achats sur le marché du carbone.

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«C’est une cible qui est bidon dans le sens où il va y avoir des réductions d’émissions liées à ça, mais pas au Québec.»
– Normand Mousseau, professeur et directeur de l’Institut de l’énergie Trottier à l’Université de Montréal

Le chercheur calcule qu’au rythme de réduction actuel, l’atteinte des cibles de 2020 obligera les entreprises industrielles québécoises à acheter chaque année le droit d’émettre 10 millions de tonnes de CO2 sur le marché du carbone. Le cours actuel est de 18 $ la tonne, ce qui équivaut à une facture de près de 200 millions par année.

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Le Journal de Québec : Légère hausse des émissions de GES au Québec en 2015