Simon-Pierre Savard-Tremblay / Le Journal de Québec :

J’ai décidé d’ajouter quelques réflexions complémentaires à mon texte de lundi. Hydro-Québec a connu un autre grand détournement, celui de l’intégration à la filière des hydrocarbures et des énergies fossiles. Notre fleuron national, qui a servi pendant des décennies à construire une certaine indépendance économique au Québec, a alors plutôt tenté de se convertir à la logique économique canadienne.

Il nous faudra, encore une fois, revisiter certains événements d’un passé pas très lointain.

En 1996, André Caillé, qui venait de l’entreprise Gaz Métropolitain, a été nommé à la tête d’Hydro-Québec. Sous sa gouverne, le changement de vocation dont il a été question lundi allait se doubler d’une intégration au marché nord-américain des énergies fossiles.

Hydro-Québec s’est lanceée alors dans l’exploration des hydrocarbures, le gouvernement ayant obligé la Société québécoise d’initiatives pétrolières (SOQUIP) à lui vendre une part importante de sa participation dans Noverco et Gaz Métro. Hydro-Québec est ainsi devenue un géant du transport et de la distribution de gaz naturel au Québec. En 2001, le gouvernement du Québec lui a donné le mandat formel de créer une division pétrolière et gazière. Le nouveau créneau n’avait rien de cosmétique. Quelque 330 millions de dollars ont été prévus pour évaluer le potentiel en énergies fossiles du sous-sol québécois entre 2002 et 2010. Hydro-Québec Pétrole et Gaz investira 9,8 millions de dollars en travaux d’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti en 2002 et 2007. En 2003, la société d’État a aussi versé 500 000 dollars à la compagnie Corridor Resources pour être partie prenante du projet Old Harry. En 2005, Hydro-Québec a obtenu plusieurs permis d’exploration sur l’île d’Anticosti à travers la société Talisman Energy Inc. On se souviendra également du très médiatisé projet de port méthanier Rabaska à Lévis, ainsi que celui de la centrale du Suroît.

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