Alexandre Shields / Le Devoir :

Le gouvernement Couillard compte finalement encadrer une industrie impopulaire qui lorgne un potentiel toujours hypothétique

Après la commission parlementaire sur le projet de loi 106, bouclée en quatre jours cette semaine, le gouvernement Couillard espère sans doute adopter rapidement la première législation censée encadrer les projets pétroliers et gaziers au Québec. Reste que l’industrie est loin de faire l’unanimité, en plus d’avoir encore du travail à faire pour démontrer qu’il existe bel et bien un potentiel d’exploitation d’hydrocarbures dans le sous-sol de la province. C’était en octobre 2009. Dans un discours très « pro-industrie » prononcé lors du premier congrès de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, promettait déjà aux entreprises du secteur « une loi plus moderne, plus proactive » pour encadrer l’exploitation du gaz de schiste et du pétrole. « En fait, ajoutait celle qui était alors vice-première ministre du gouvernement de Jean Charest, on veut mettre de côté la bureaucratie. On veut faciliter votre vie, parce qu’on est bien conscients qu’en facilitant votre vie, on va permettre de créer plus de richesse au Québec. On va vous permettre de déployer vos ailes et, dans ce sens, on souhaite une loi qui nous permette d’être plus efficaces. » Le préjugé favorable envers l’exploitation de gaz de schiste et de pétrole aurait difficilement pu être plus évident. Preuve supplémentaire que le gouvernement voulait à tout prix « faciliter » la vie aux entreprises gazières, le budget 2009-2010 prévoyait un congé de redevances de cinq ans pour les puits entrés en production avant la fin de 2010. Heureux hasard, puisqu’un puits de gaz de schiste produit, au mieux, pour une période de cinq ans. L’objectif ? « Augmenter les possibilités d’une mise en production dans un avenir rapproché. »

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