Denise Campillo, Roxton Falls / RVHQ :

À l’émission de Radio-Canada Gravel le matin, dans sa chronique de ce mardi 1er novembre, monsieur René Vézina fait preuve d’une ignorance et d’une étroitesse d’esprit indignes d’un économiste aussi écouté.

Suite à la publication de deux sondages, l’un indiquant que la majorité des Québécois ne sont pas prêts à acheter un véhicule électrique, l’autre que les deux tiers des Québécois s’opposent à l’exploitation des hydrocarbures au Québec, il conclut que les Québécois sont dans la contradiction, et que s’ils veulent continuer à conduire leurs voitures à essence, il doivent être favorables à l’exploitation de notre pétrole local.

Monsieur Vézina n’a rien compris à la dynamique financière du marché du pétrole?

Il n’a jamais entendu parler de la différence entre les hydrocarbures conventionnels et les autres (pétrole et gaz de schiste, sables bitumineux)?

Il n’a jamais entendu parler de gaz à effet de serre et de changements climatiques?

Monsieur Vézina (et monsieur Gravel), lisez, documentez-vous, allez sur le site du Regroupement Vigilance Hydrocarbures Québec, posez des questions aux centaines de milliers de vos citoyens qui, tout comme moi, roulent encore en voiture à essence faute de choix :

Pas assez de transport collectif, surtout interurbain, et dans les campagnes.

Pas assez d’aide financière au développement du transport électrique.

Pas assez de bornes de recharge.

Ma vieille auto à essence va faire encore un peu de chemin, vu que je m’en sers le moins possible. Non, je n’irai pas demain acheter un véhicule électrique, et oui, je m’oppose farouchement à l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste au Québec.

Nous devons tous travailler ensemble à réduire notre dépendance aux hydrocarbures, et les économistes ont un rôle important à jouer en éclairant la population sur les vrais enjeux climatiques, économiques et sociaux des hydrocarbures, pas en se faisant les porte-paroles d’un secteur préoccupé uniquement de ses profits immédiats.