Jessica Gosselin, doctorante en droit / Le Devoir :

Alors que se terminait mardi le sommet de l’Arctic Circle à Québec et que le premier ministre Couillard profitait de l’occasion pour reprendre la promotion du Plan Nord, la consultation du plan d’action et du plan stratégique version 2016 permet aisément de constater qu’une analyse approfondie des impacts genrés du projet continue de briller par son absence.

En 2011, après avoir utilisé la loi sur l’accès à l’information pour obtenir plus de détails sur les fondements du Plan Nord et les analyses sur lesquelles il reposait, je n’ai reçu que des documents promotionnels. Une conversation téléphonique avec une avocate de la direction de la coordination du Plan Nord avait été fort éloquente. Alors que j’interrogeais celle-ci pour savoir si une analyse différenciée entre les sexes (ADS) avait été effectuée dans le processus d’élaboration du projet, sa réponse avait été on ne peut plus claire : « Une analyse différenciée entre les sexes ? Non. »

Déceler les biais discriminatoires

L’ADS est un outil qui permet de réfléchir aux conséquences d’un projet sur les femmes indépendamment des conséquences qu’il présentera pour les hommes. Il s’agit d’un outil qui peut être utilisé à toutes les phases d’un projet, de son élaboration jusqu’à sa mise en oeuvre. Il permet de déceler les biais discriminatoires en amont et de favoriser des solutions qui stimuleront la progression de l’égalité réelle. Le Canada s’est engagé à réaliser ces analyses à la suite de la Déclaration et du Programme d’action de Pékin dans le cadre de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes des Nations unies, en 1995.

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