Infolettre du RVHQ :

« Le monde entier parle du Québec », clamait Philippe Couillard le 9 décembre dernier, à l’issue de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris. Le Québec « n’a jamais été aussi influent », se réjouissait-il, en évoquant  l’« effet de catalyseur absolument extraordinaire » du Québec.

« Le monde entier » sera sans doute estomaqué d’apprendre qu’à peine six mois plus tard, le 7 juin 2016, le gouvernement du Québec déposait un projet de loi ouvrant la porte à l’exploitation du pétrole et du gaz sur l’ensemble du territoire québécois. 

Loin d’avoir trouvé le moyen de se dépêtrer de l’erreur anticostienne, loin de renoncer à financer  et à encourager des projets d’exploration pétrolière et gazière en Gaspésie qui «pourraient générer des émissions de gaz à effet de serre aussi intenses que celles du pétrole et du gaz de schiste  », le projet de loi fait revivre le spectre de l’exploitation du gaz de schiste dans les Basses-Terres du Saint-Laurent, n’exclut pas le Bas-Saint-Laurent, lui aussi dans la mire des prospecteurs, et ne soustrait même pas le golfe du Saint-Laurent à la convoitise des chercheurs d’or noir.

Loin d’interdire la fracturation hydraulique, les forages horizontaux ou les nettoyages de puits à l’acide, il se combine au Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection pour empêcher de facto les municipalités de garantir à leurs citoyens un accès sûr à l’eau potable.

Loin de moderniser les principes hérités de la loi sur les mines du XIXe siècle, le projet de loi en rajoute en garantissant aux compagnies l’accès à toute propriété sous licence où elles souhaitent explorer, en plus de perpétuer leur droit de faire exproprier les terrains où elles décident de passer à la phase de l’extraction.

Pour empêcher l’industrie du gaz de schiste de s’implanter au Québec, il y a quelques années, les groupes citoyens ont orchestré une grande opération intitulée « Vous n’entrerez pas chez nous! ». Par son projet de loi sur les hydrocarbures, notre gouvernement riposte : « Eh bien oui, on va entrer chez vous! Taisez-vous. »

Laisserons-nous faire ça?

Bien sûr que non.

D’ailleurs, des militant.e.s de toutes les régions du Québec travaillent d’arrache-pied, en pleine période de vacances, pour bloquer le projet de loi. Je vous invite à rejoindre et amplifier leurs actions.  Elles sont présentées ci-dessous dans la section Riposte citoyenne et mobilisation municipale, après une série de liens menant à des documents d’information sur le projet de loi sur les hydrocarbures.

Courage! Tous ensemble, on va faire la différence.

Carole Dupuis, coordonnatrice générale et porte-parole

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