Stépanie Bérubé / Le Soleil :

De nombreux consommateurs, et plusieurs scientifiques, s’inquiètent des impacts de notre consommation quotidienne – et involontaire – de pesticides. D’autant que plusieurs questions demeurent sans réponse. «La pire chose qui pourrait arriver serait que les gens diminuent leur consommation de fruits et légumes.»

C’est unanime: tous les spécialistes servent cet avertissement lorsqu’il est question des pesticides sur les fruits et légumes. Et c’est souvent là que cesse l’unanimité: une partie de la communauté scientifique considère qu’il ne faut pas s’inquiéter, tant que les quantités de résidus sont sous les normes, d’autres considèrent la situation comme préoccupante.

Les résultats des derniers tests faits par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) sont tout à fait semblables aux résultats des tests précédents et de ceux conduits par les pays de l’Union européenne et aux États-Unis: beaucoup de pesticides, en petites quantités. Année après année, les taux de conformité des aliments testés sont au-delà de 95 %, lorsqu’ils ne sont pas carrément au-dessus des 99 %. C’est une bonne nouvelle.

«C’est rassurant que l’on respecte les normes. Le risque est relativement faible», affirme Onil Samuel, de l’Institut national de santé publique du Québec.

Le conseiller scientifique émet toutefois un important bémol: des chercheurs croient maintenant que la consommation de pesticides pourrait avoir des effets, notamment sur le système endocrinien, à des doses beaucoup plus faibles que celles des indicateurs de risque qu’on utilise actuellement. «C’est une approche assez jeune et nous avons peu de données pour décrire ces risques-là», précise Onil Samuel.

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