Sophie Suranti / Le Devoir :

Le concept de cité nourricière est-il bien réel ou encore de l’ordre du passe-temps de bobos en période estivale ?

Dans ma chronique du 5 novembre, je raconte ma virée déchétarienne. Une façon de se nourrir en ville. D’autres existent, notamment celles découlant de l’agriculture urbaine : jardins communautaires et collectifs, serres et ruchers sur les toits, champignonnières, balcons-cours-saillies de trottoir transformés en potagers… De ville à nourrir à ville qui nourrit.

Entre deux grands panneaux en feutre fixés sur un support d’où sortent de leur pochette-surprise de jeunes laitues, dans les serres du bâtiment universitaire à l’allure de paquebot donnant sur l’avenue du Président-Kennedy à Montréal, j’ai posé une question à Éric Duchemin, professeur associé à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM : la ville (sous-entendu ici : Montréal) est-elle en mesure de nous nourrir ?

« Si l’on parle en superficie et uniquement en production de légumes et de petits fruits, alors la réponse est oui, la ville peut nous nourrir », affirme le consultant en agriculture urbaine. À condition que la moindre parcelle urbaine soit utilisée, ce qui suppose que la ville se concentre entièrement sur cette activité de production et de distribution alimentaires.

Or une ville a généralement affaire à des enjeux autres qu’alimentaires (logement, santé, transport, etc.). Cela suppose aussi de reconsidérer les infrastructures et les aménagements existants, en cours ou à venir. Se retrouver avec des plants de fèves batifolant sur des lignes de haute tension ne serait pas trop sécuritaire !

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