Norman Matchewan – Conseiller de bande des Algonquins du lac Barrière / Le Devoir :

Mon peuple, les Algonquins du lac Barrière, a souvent dû faire des concessions ou accepter des intrusions sur son territoire traditionnel. Ces intrusions étaient autorisées par le gouvernement du Québec sans notre consentement. Une grande partie de notre territoire est connue par les Québécois sous le nom de la Réserve faunique La Vérendrye. Nous continuons à vivre, à chasser, à pêcher et à pratiquer diverses activités culturelles sur le territoire.

Malgré la présence d’une réserve faunique et d’un accord, vieux de 25 ans, de cogestion et de partage de la richesse sur une partie de notre territoire traditionnel, des compagnies forestières et minières ont pris le territoire d’assaut et ont compromis nos capacités de nourrir les membres de notre communauté et de pratiquer notre culture. En réponse, nous avons bloqué l’autoroute et des routes forestières, expulsé des exploitants miniers et forestiers, entamé des procédures judiciaires et manifesté au Québec et à Ottawa avec des centaines d’alliés. Nous prenons les mesures qui s’imposent pour protéger le territoire.

Une reprise de négociations avec le gouvernement du Québec sur l’application de l’accord intergouvernemental nous a permis un peu d’optimisme quant à la voie de la réconciliation. Malheureusement, les événements récents démontrent à nouveau que les engagements ne sont pas respectés et que des industries se font accorder des laissez-passer pour accéder aux ressources du territoire, sans le consentement de notre peuple algonquin.

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