Brigitte Dubé / ICI Radio-Canada : 

Un représentant de l’UPA en Gaspésie accueille avec prudence la décision du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation de permettre la vente de fruits et légumes imparfaits. Il prévient qu’il reste à voir si les consommateurs voudront acheter ces « légumes moches  ». Selon le ministre Pierre Paradis, le règlement sur les fruits et légumes frais avait pour seule fin de standardiser l’apparence des produits et n’était plus actuel. De plus, des tests effectués dans certaines chaînes avaient démontré que les consommateurs avaient un intérêt pour ce type de produits. Pour le directeur adjoint de l’UPA Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine, Stéphane Day, l’abrogation du règlement est une bonne nouvelle, puisqu’elle permettra d’éviter le gaspillage. Toutefois, il ajoute que cette réglementation était issue des exigences des consommateurs. Il estime donc qu’il ne faut pas présumer de leur réaction ni de celle des grandes chaînes d’alimentation.

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Fruits et légumes imparfaits : la priorité est ailleurs selon l’UPA du Bas-Saint-Laurent

Richard Lavoie / ICI Radio-Canada :

Le président de la Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis, est sceptique quant aux impacts qu’aurait l’abrogation du Règlement sur les fruits et légumes frais par le ministre Pierre Paradis.

Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Pierre Paradis, a annoncé lundi l’abrogation de ce règlement, ce qui permet dorénavant la vente des légumes imparfaits.

« Ben M. Paradis, il me surprend toujours d’une fois à l’autre! »
– Gilbert Marquis, président, Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent

Le président de l’UPA ne croit pas qu’il s’agisse d’une priorité pour les producteurs. Gilbert Marquis admet que de nombreux fruits et légumes imparfaits, difformes ou tachetés sont gaspillés, faute de pouvoir les écouler, mais il croit que la tendance pour le consommateur est plutôt à la recherche de qualité.

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Ajout : 

De l’avenir pour les «moches»

Brigitte Breton / Le Soleil :

(Québec) ÉDITORIAL / Est-ce que les «moches» vous mettent en appétit? Les recherchez-vous à l’épicerie? Québec vient d’abroger son règlement sur les fruits et légumes frais pour étendre la vente de fruits et légumes imparfaits. Une décision qui n’a que des vertus et qui ne comptera que des gagnants? Il faudra voir après quelques récoltes. Pour le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Pierre Paradis, tout le monde sera gagnant. «Les entreprises pourront diversifier leur offre et les entrepreneurs agricoles auront la possibilité de vendre une plus grande partie de leur production. Les consommateurs auront un plus grand choix, tout en étant assurés de se procurer à meilleur prix des produits sains qui répondent aux standards de salubrité.» Dans un communiqué, le ministre explique que le règlement «n’était plus actuel et devait évoluer en fonction des attentes des consommateurs».

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Valoriser les «moches», oui, mais…

Valérie Gaudreau / Le Soleil :

Sur le fond, tout le monde s’entend que vendre au rabais, parfois jusqu’à 30 %, des fruits et des légumes à l’allure imparfaite, comme des carottes en tire-bouchon ou des pommes de terre bossues, contribue à éliminer le gaspillage. Et le consommateur en profite. Mais l’annonce lundi par le ministre Pierre Paradis de l’abrogation du Règlement sur les fruits et légumes frais ne fait pas l’unanimité. Serge Ferland, propriétaire de deux épiceries Metro à Québec, accueille avec froideur la décision du ministre québécois de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). «Je n’aime pas tellement ça», a lancé d’entrée de jeu M. Ferland au Soleil mercredi. «On se bat pour vendre de la qualité. Tomber là-dedans, je ne suis pas sûr que ça me tente.» Il dit voir plusieurs contraintes dans le fait d’offrir dans ses succursales du boulevard Charest et de la rue du Marais le même produit, mais de deux catégories différentes.

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Moins attrayants, mais excellents

Philippe Orfali / Le Devoir :

Carottes à deux queues, pommes « poquées » par la grêle, pastèques au teint plus jaune que vert et pommes de terre bossues étaient autrefois jetées aussitôt récoltées, vendues à des prix dérisoires, puis données en pâture aux animaux de ferme ou encore employées dans l’industrie de la transformation alimentaire pour finir en confiture ou en sauce à spaghetti. Ils seront désormais en vente bien en vue dans les épiceries détenues par les groupes Loblaws (Maxi, Provigo, L’Intermarché), et Sobeys (IGA, Rachelle-Béry, marchés BoniChoix et Tradition) ne ferme pas la porte à en placer dans ses étals de façon permanente. Walmart a pour sa part annoncé qu’il en ferait autant dans certains de ses magasins américains, signe que cette façon de lutter contre le gaspillage alimentaire gagne en popularité. Ces légumes ont la même valeur alimentaire et le même goût que les aliments« standards », mais peuvent se vendre jusqu’à 30 % moins cher, souligne Thibaut Martelain, cofondateur de l’entreprise montréalaise Second Life, une plateforme d’achat en ligne d’aliments moches. Il voit d’un bon oeil cette tendance chez les grands épiciers, responsables jusqu’à récemment de bien du gaspillage alimentaire. « Pour eux, c’est très à la mode maintenant, les légumes imparfaits, et ça permet de se distinguer des compétiteurs. C’est également bon pour l’image que projette l’entreprise sur les plans social et environnemental », souligne l’expert en marketing.

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