Karel Mayrand – Directeur général pour le Québec et l’Atlantique, Fondation David Suzuki / Opinion, Le Devoir :

Selon les calculs du Global Footprint Network, il faudra en 2016 l’équivalent de 1,6 planète pour alimenter notre consommation

Le 8 août 2016 marque le jour du dépassement, c’est-à-dire le jour où nous avons épuisé l’ensemble des ressources que nous fournit la planète en une année. L’humanité subviendra à ses besoins jusqu’à la fin de l’année en épuisant une partie du capital écologique essentiel au bien-être des générations à venir. Combien de temps encore pourrons-nous vivre à crédit ? (…)

Il existe deux raisons principales. D’abord, les modèles économiques traditionnels considèrent la pollution et l’épuisement des ressources comme des externalités, c’est-à-dire des facteurs extérieurs à l’économie de marché. Cette raison en explique une deuxième : le capital écologique et la pollution ne sont pas mesurés dans nos indicateurs de croissance économique comme le PIB. Nous créons ainsi l’illusion d’une économie mondiale complètement dissociée de la biosphère. (…)

Alors que s’ouvre le Forum social mondial à Montréal, l’heure est venue de mettre en commun les luttes sociales et environnementales pour proposer de nouveaux modèles économiques qui ne reposent pas sur l’appauvrissement de nos concitoyens et de nos enfants. L’économie sociale, coopérative, locale, circulaire, collaborative et toutes les propositions pour construire une économie fondée sur le respect de la biosphère et sur de véritables liens de solidarité sont urgemment requises.