Alexandre Shields / Le Devoir :

La proposition mise sur la table est toutefois jugée trop peu ambitieuse par des environnementalistes

Moins d’un an après la signature de l’Accord de Paris sur le climat, l’Organisation de l’aviation civile internationale tentera au cours des prochains jours de s’entendre sur un programme qui permettrait à l’industrie de plafonner, puis de réduire, ses émissions de gaz à effet en serre, actuellement en forte croissance. Mais les objectifs manquent d’ambition, selon les groupes environnementaux. (…)

Les groupes environnementaux jugent cependant que le plan proposé pour encadrer les émissions de gaz à effet de serre du secteur aérien est insuffisant pour freiner la hausse des émissions attendue. Selon ce qu’a fait valoir l’organisation Attac avant le sommet, « le secteur de l’aviation ne doit plus tarder pour se conformer à l’impératif climatique : la proposition de l’OACI, qui vise à atteindre une “croissance neutre en carbone”, manque sérieusement d’ambition, notamment parce qu’elle repose principalement sur la compensation carbone ».

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Ajout :

Aviation et GES: les voyageurs pourraient payer la note

Sylvain Larocque / La Presse :

(…) En vertu du système qui doit être adopté au cours des prochains jours, baptisé CORSIA, l’industrie aérienne compte plafonner son impact sur l’environnement à partir de 2020. Pour ce faire, les transporteurs devront acheter des crédits de carbone pour les émissions de GES qui dépasseront le seuil atteint en 2020.

(…) Selon une évaluation de l’OACI, le CORSIA coûtera de 2,2 à 6,2 milliards US aux compagnies aériennes en 2025 et de 8,9 à 23,9 milliards US en 2035, en fonction de la fluctuation du coût des crédits de carbone sur le marché. Pour mettre ces chiffres en contexte, soulignons qu’en 2015, les transporteurs membres de l’IATA ont enregistré des profits nets de 35,3 milliards US sur des revenus totaux de 718 milliards US. L’IATA s’attend à ce que les profits nets frisent les 40 milliards US cette année. Plus précisément, pour un vol Mexico-Buenos Aires en 2030, la compensation des émissions se chiffrerait entre 910 et 2357 $US. Une hausse modeste de 10 $US du baril de pétrole coûterait de deux à cinq fois plus cher à la compagnie aérienne, soit près de 5000 $US.

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Assemblée de l’OACI: le climat au coeur des discussions

Charles Côté / La Presse :

Pour des raisons pratiques, l’aviation civile a été laissée de côté dans tous les accords internationaux sur le climat. En effet, difficile de concevoir un système de contrôle de la pollution pour une industrie qui est pour l’essentiel transfrontalière. Cela pourrait changer cette semaine à Montréal : les pays membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) doivent se prononcer sur un projet ambitieux de réglementation du secteur. Les émissions du secteur transport aérien vont tripler d’ici le milieu du siècle, selon la tendance actuelle. Les pays membres de l’OACI doivent décider cette semaine s’ils relèvent le défi de stopper la hausse des émissions de gaz à effet de serre du secteur au niveau de 2020. La cible a été fixée en 2010, mais il faut maintenant la rendre obligatoire. « C’est un moment important parce que l’OACI ne se réunit en assemblée qu’aux trois ans », a affirmé Lou Leonard, du Fonds mondial pour la nature (WWF). M. Leonard participait récemment à une conférence téléphonique conjointe de grands organismes environnementaux internationaux. Il souligne que l’assemblée de l’OACI survient moins d’un an après la Conférence de Paris sur le climat. « C’est une occasion pour les gouvernements d’aller au-delà des paroles et de mettre en oeuvre des mesures concrètes », dit M. Leonard.

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