Alexandre Shields / Le Devoir :

L’ONE doit attendre la nomination de membres aptes à s’exprimer en français pour reprendre l’évaluation d’Énergie Est

La récusation des trois commissaires du comité d’audience sur le pipeline Énergie Est place l’Office national de l’énergie dans une impasse linguistique. À défaut de recruter à l’externe, il lui serait tout simplement impossible de reprendre l’examen du projet de TransCanada, puisque aucun autre membre de l’organisme n’est en mesure de s’exprimer couramment en français. Le Devoir a demandé à l’Office national de l’énergie (ONE) s’il comptait des membres aptes à parler français, outre Jacques Gauthier et Lyne Mercier, qui se sont récusés vendredi dernier de l’examen du projet Énergie Est. Une question importante pour l’étude de ce pipeline, qui doit parcourir le territoire de six provinces, dont le Québec. Non, a reconnu l’organisme fédéral dans une brève réponse transmise mercredi. « La composition actuelle l’Office ne pas permet en ce moment de nommer un comité pour Énergie Est », a indiqué le porte-parole de l’ONE, Marc Drolet. L’organisme compte pourtant 11 « membres » et « membres temporaires », en plus de son président, Peter Watson, et de sa vice-présidente, Lyne Mercier. Après les récusations annoncées vendredi dernier, à la suite d’allégations de partialité dans l’examen d’Énergie Est, neuf membres pourraient théoriquement être nommés au comité d’audience du projet de TransCanada. Mais ces membres, dont la majorité a un parcours professionnel lié au secteur pétrolier et gazier, s’expriment essentiellement en anglais. Aux prises avec cette impasse linguistique, l’ONE doit donc attendre la nomination de« nouveaux membres temporaires », a précisé M. Drolet. Cette responsabilité revient au gouvernement de Justin Trudeau. « L’Office n’est pas impliqué dans ce processus. »

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