Audrey Normandin, étudiante en sciences humaines au Collège Laflèche / Opinion, Le Nouvelliste :

Le projet de loi 106, qui vient d’être adopté, est un projet de loi plus qu’absurde et rempli d’élégantes paroles afin de berner le citoyen mal informé, qui donne le droit à l’entreprise privée de faire ce dont elle a envie contre notre Dame Nature.

En avril dernier, le gouvernement Couillard a présenté un nouveau projet afin de réduire la consommation de pétrole et augmenter l’utilisation de l’énergie renouvelable pour le Québec. Le projet sur la politique énergétique 2030 prévoit de réduire de 40 % l’énergie pétrolière en 15 ans. Ce sont 4 milliards $ qui seront investis dans ce qu’il qualifie de «transition énergétique».

C’est en donnant suite à ce projet énergétique que fut déposé le projet de la loi 106 qui s’assure de la mise en valeur et du développement des hydrocarbures. Ce qui se démarque le plus avec la loi 106, est la création de l’organisme Transition énergétique Québec qui sera le cerveau de la politique énergétique et qui en assurera la mise en oeuvre tout comme la distribution de permis d’exploration. En gros, la loi communément appelée «la loi des pétrolières» vise la légalisation de la profanation de notre territoire.

On croirait que le président d’Exxon Mobil a lui-même rédigé cette déposition! C’est avec l’argent des multinationales et pour les multinationales que l’extase commence. Notre territoire sera silencieusement dépouillé de ses biens naturels afin de ne pas effrayer le bon petit Québécois conscient de sa responsabilité sur l’environnement.

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Stéphane Forget de la FCCQ, un douteux visionnaire

François Champoux, Trois-Rivières / Opinion, Le Nouvelliste :

Stéphane Forget, le nouveau président-directeur général de la Fédération des Chambres de commerce du Québec, déclarait tout récemment être pour une exploration du sous-sol québécois en hydrocarbures afin de connaître son potentiel d’exploitation réel (Le Nouvelliste, 1er décembre 2016, page 16).

Parlant du pétrole, M. Forget a dit dans son allocution devant les membres de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières qu’il fallait poser un regard lucide sur celui-ci: «Nous en aurons encore besoin longtemps et nous devons exploiter le nôtre, si nous en avons le potentiel.»

Cette déclaration de M. Forget est un aveu d’acceptabilité du monstrueux projet de loi 106 et son leurre à une réelle transition énergétique du Québec. Pourquoi alors ne parler que des énergies fossiles? Une transition énergétique ne devrait-elle pas se soustraire de plus en plus des vieilles solutions d’autrefois qui ont prouvé à maintes reprises leur déficit écologique et économique?

La prospérité du Québec ne passe pas par l’exploitation du pétrole. Non merci M. Forget; les dégâts écologiques de cette ressource énergétique polluante sont maintenant trop dispendieux pour être exploitée dans notre Québec qui a su développer bien d’autres ressources d’énergie. Nous, citoyens, nous refusons de payer ces dégâts pendant que les industriels se sauvent avec les profits. Ce temps est révolu.

L’imagination et l’innovation ne passent plus par le pétrole, mais bel et bien par une vraie transition énergétique vers le solaire, l’électricité, et toutes les nouvelles ressources qui demandent à être découvertes justement par l’innovation et l’imagination des Québécois qui en ont à revendre. Nous ne sommes plus au temps de la facilité, mais à l’effort à la non-pollution, ou du moins, à la restriction sérieuse de celle-ci.

La position de M. Forget est clairement en faveur d’une croissance immodérée des gaz à effet de serre, d’une accélération de la détérioration de nos milieux de vie, de notre dépendance aux énergies fossiles, et d’un frein à l’innovation des nouvelles sources d’énergie moins polluantes dont particulièrement le solaire et son électricité.

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